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	<pubDate>Mon, 14 May 2012 14:22:02 +0000</pubDate>
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		<title>Courrier du Consistoire adressé à Madame Joëlle Milquet</title>
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		<pubDate>Mon, 14 May 2012 14:22:02 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[14 mai 2012.
Madame Joëlle MILQUET
Vice-Première Ministre et Ministre de l&#8217;Intérieur et de l&#8217;Egalité des Chances
Rue de la Loi, 2
1000 Bruxelles.
Madame la Vice-Première Ministre,
C&#8217;est avec une grande satisfaction que nous avons appris que le 9 mai dernier, le Bourgmestre de Bruxelles a interdit que le très controversé « comique » français Dieudonné, bien connu pour son négationnisme et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>14 mai 2012.</p>
<p>Madame Joëlle MILQUET</p>
<p>Vice-Première Ministre et Ministre de l&#8217;Intérieur et de l&#8217;Egalité des Chances</p>
<p>Rue de la Loi, 2</p>
<p>1000 Bruxelles.</p>
<p>Madame la Vice-Première Ministre,</p>
<p>C&#8217;est avec une grande satisfaction que nous avons appris que le 9 mai dernier, le Bourgmestre de Bruxelles a interdit que le très controversé « comique » français Dieudonné, bien connu pour son négationnisme et son antijudaïsme, ne se produise à Bruxelles, comme ceci a déjà été le cas pour d&#8217;autres communes ou villes comme Anderlecht, Laakdal et Ninove.</p>
<p>Nous désirons, au nom du Consistoire Central israélite de Belgique, vous féliciter pour la manière ferme avec laquelle ce problème a été résolu et nous osons espérer que ceci est le résultat de notre engagement commun.</p>
<p>Le racisme et en particulier l&#8217;antisémitisme prennent de grandes proportions tant dans notre pays qu&#8217;en Europe et l&#8217;extirper demande un traitement ferme et courageux.</p>
<p>Nous vous remercions, ainsi que les bourgmestres des villes concernées pour ce signal fort. Nous restons toujours à votre disposition pour une collaboration ultérieure fructueuse.</p>
<p>Nous vous prions de croire, Madame la Vice-Première Ministre, en notre très haute considération.</p>
<p>Professeur Julien Klener</p>
<p>Président</p>
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	<br />
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		<title>Interview de Viviane Teitelbaum, par Michel Laub</title>
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		<pubDate>Wed, 28 Mar 2012 14:13:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>consistoire</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[ 
- M.L. : Viviane Teitelbaum, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
- V.T. : Je suis née à Anvers dans une famille juive traditionaliste. J&#8217;ai fait mes études primaires en français, dans les dernières classes francophones ; puis, mes études secondaires  au Koninklijk Lyceum Antwerpen, en néerlandais. J&#8217;étais également dans un mouvement de jeunesse. Ensuite, à 18 ans, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center"><span style="text-decoration: underline;"> </span></p>
<p>- M.L. : Viviane Teitelbaum, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?</p>
<p>- V.T. : Je suis née à Anvers dans une famille juive traditionaliste. J&#8217;ai fait mes études primaires en français, dans les dernières classes francophones ; puis, mes études secondaires  au <em>Koninklijk Lyceum Antwerpen</em>, en néerlandais. J&#8217;étais également dans un mouvement de jeunesse. Ensuite, à 18 ans, je suis partie faire une licence en journalisme à l&#8217;U.L.B. Subsidiairement, je suis devenue présidente de l&#8217;U.E.J.B. En 1976, comme étudiante, je suis partie en mission « clandestine » voir des <em>refuzniks</em>. J&#8217;ai aussi participé à la Deuxième Conférence pour les juifs d&#8217;URSS, organisée en 1976 à Bruxelles. En 1977, à la fin de mes études, après avoir obtenu ma licence, je suis partie faire un <em>Masters</em> en relations internationales avec un <em>major</em> en économie politique dans une université californienne et suis revenue en 1980. Puis, j&#8217;ai commencé à travailler comme rédacteur en chef adjoint, puis rédacteur en chef, de <em>Regards</em>, jusqu&#8217;en 1992 si mes souvenirs sont bons, tout en ayant pris une petite pause carrière, comme le font beaucoup de femmes, pour mettre au monde mes deux enfants. Ensuite, après la période <em>Regards</em>, j&#8217;ai travaillé un peu comme pigiste trilingue et, en parallèle, j&#8217;ai publié mon premier livre en 1994, sur les enfants cachés, qui s&#8217;appelait « <em>Enfants Cachés, les larmes sous le masque </em>», publié aux éditions Labor. Ensuite, j&#8217;ai travaillé à la <em>WJRO</em> - section belge, l&#8217;organisme pour la restitution des biens spoliés par les nazis. Puis je suis devenue la coordinatrice pour la Fondation Spielberg en Belgique. Et, en parallèle, j&#8217;étais présidente de l&#8217;Ecole Beth Aviv, de 1993 à 1996, pendant que mes enfants y étudiaient. J&#8217;ai également publié d&#8217;autres livres : un ouvrage sur les enfants abusés sexuellement, toujours pour les éditions Labor, intitulé « L&#8217;<em>Enfance brisée </em>» et, en 1997, un livre sur la restitution de biens volés à la communauté juive de Belgique pendant l&#8217;occupation « Comptes d&#8217;une mort annoncée ». Ensuite, en 1998, j&#8217;ai publié «Citoyennes <strong>»,</strong> à l&#8217;occasion des 50 ans du droit de vote des femmes et des 75 ans du mouvement des Femmes Prévoyantes Socialistes, aux éditions Labor. Et quelques mois plus tard j&#8217;ai participé à un ouvrage collectif «  Shoah le<strong> </strong>témoignage impossible » réalisé par « La pensée et les hommes », aux éditions de l&#8217;ULB. Fin 1998, j&#8217;ai arrêté de travailler à la <em>WJRO </em>et je suis devenue présidente du Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique, le C.C.O.J.B., de 1998 à 2001. C&#8217;est à cette époque, si je ne m&#8217;abuse, que j&#8217;ai publié le livre : « <em>Diamantaires, l&#8217;univers et les coulisses d&#8217;une passion</em> ». Et c&#8217;est après cela, que je suis entrée en politique. Je me suis présentée aux élections en 2003 ; c&#8217;est Daniel Ducarme qui était venu me chercher. Je n&#8217;ai pas été élue, mais j&#8217;avais quand même réalisé un score honorable. Puis, en 2004, je me suis présentée sur les listes régionales. J&#8217;étais à la dixième place et j&#8217;ai été élue. Je suis donc députée bruxelloise depuis 2004. J&#8217;ai été réélue en 2009. En 2006, j&#8217;ai écrit un livre sur la commune d&#8217;Ixelles qui s&#8217;appelle : « <em>Ixelles se raconte</em> », publié aux éditions Luc Pire. A peu près en même temps, mon livre « <em>Les larmes sous le masque </em>» a été réédité. En 2006, j&#8217;ai été élue conseillère communale à Ixelles, et je suis devenue chef de groupe. En 2007, j&#8217;ai déjà refait une campagne électorale, parce qu&#8217;en Belgique, on vote très souvent. En 2007 donc, me voilà sur la liste fédérale. Fin 2008, nouvelle publication : « <em>Salomon, vous êtres juif - l&#8217;antisémitisme en Belgique du Moyen Age à Internet </em>». Et en 2009, <em>rebelote</em> : je me présente à nouveau sur la liste régionale où j&#8217;ai été réélue députée régionale bruxelloise, ce que je suis toujours depuis. Enfin en 2010, en même temps qu&#8217;une nouvelle campagne fédérale où j&#8217;ai quasi doublé mon score de 2003, j&#8217;ai sorti un nouveau livre intitulé : « <em>Quand l&#8217;Europe se voile </em>» et là, c&#8217;était aux éditions La Muette - Le Bord de l&#8217;Eau. En février 2010, j&#8217;ai été élue présidente du Conseil des Femmes Francophones de Belgique.</p>
<p>- M.L. : Quels sont actuellement les différents domaines pour lesquels vous êtes politiquement le plus engagée ?</p>
<p>- V.T. : Je dirais que de manière globale, depuis que je suis à l&#8217;université, j&#8217;ai toujours été engagée dans la défense des valeurs démocratiques : la lutte contre les discriminations, contre le racisme et l&#8217;antisémitisme et pour l&#8217;égalité hommes - femmes. Ce dernier aspect s&#8217;est très certainement développé plus récemment, mais fait partie du même combat pour les valeurs démocratiques. Comme le combat contre l&#8217;extrême-droite et, plus généralement, contre tous les extrémismes quels qu&#8217;ils soient. A part cela, il est évident que je suis très engagée dans les commissions où je travaille, qui sont les commissions de l&#8217;aménagement du territoire, tout ce qui touche à l&#8217;urbanisme, mais aussi au patrimoine classé. Comme je partage ma vie depuis 35 ans avec un architecte, j&#8217;ai été fort sensibilisée à tout ce qui se rapporte au patrimoine, à l&#8217;urbanisme et à l&#8217;architecture. Quelque part, cela rejoint l&#8217;histoire, le passé mais aussi l&#8217;avenir des choses.  Et s&#8217;appuyer, dans son combat pour demain, sur ce qui s&#8217;est passé hier, que ce soit par rapport à une belle architecture ou que ce soit à travers des leçons d&#8217;histoire politique, c&#8217;est un petit peu la même démarche.</p>
<p>Je suis aussi très active dans tout ce qui concerne les transports en commun. Le manque de mobilité performante dans Bruxelles reste, encore actuellement, l&#8217;une des grandes faiblesses de la capitale.</p>
<p>Et puis il y a aussi la lutte contre tous les négationnismes en général.</p>
<p>- M.L. : Alors, justement, quand vous défendez la communauté juive en particulier ou l&#8217;Etat d&#8217;Israël, est-ce que vous avez l&#8217;occasion de constater que vous avez un soutien de la part des mandataires de votre propre parti ou éventuellement de mandataires politiques d&#8217;autres partis ?</p>
<p>Et de quel milieu les critiques les plus virulentes émanent-elles ?</p>
<p>- V.T. : Si vous le permettez, je voudrais commencer en précisant ce que je crois être très important : je ne défends pas UNE communauté. Il y a des gens à l&#8217;extérieur qui essaient de me « communautariser ». Et là, je rétorque en affirmant d&#8217;une manière très ferme que je défends des valeurs. Dans le cadre de la défense de ces valeurs, j&#8217;ai été amenée, il est vrai, à être sans doute celle qui le plus souvent - au niveau régional - interpelle par rapport à la lutte contre l&#8217;antisémitisme. Il y a beaucoup de politiciens qui interpellent sur la lutte contre les discriminations, contre le racisme en général et contre les racismes anti-noir et anti-arabe en particulier. Par contre, et là je rejoins votre question, la sensibilité par rapport à l&#8217;antisémitisme est, je pense, nettement moins présente, en dehors du MR. Et, il faut bien le constater, je suis très souvent le fer de lance de ce combat, même en interne.</p>
<p>Il me semble vraiment très important d&#8217;insister sur la notion de « défense des valeurs », parce que cela ne concerne pas seulement la communauté juive ; quand on parle de lutte contre le racisme, ou l&#8217;antisémitisme en particulier, cela concerne ou devrait concerner tous les Bruxellois, voire tous les Belges !</p>
<p>Alors, au sein de mon parti, j&#8217;ai effectivement pas mal de soutien parce que c&#8217;est un parti où on est sensibilisé à cela et où on comprend que la lutte contre l&#8217;antisémitisme est aussi un combat pour la démocratie. Donc, je suis non seulement soutenue, mais relayée. D&#8217;autre part, bien que je ne siège pas au fédéral, il y a là des personnes de mon  parti, comme Corinne De Permentier ou Daniel Bacquelaine  à la Chambre ou encore Armand De Decker au Sénat, qui sont des personnes qui effectivement mènent ce combat. Je ne peux évidemment pas citer tous ceux qui luttent contre l&#8217;antisémitisme ou la diabolisation d&#8217;Israël. Par ailleurs, je défends avec acharnement le droit d&#8217;existence de l&#8217;Etat d&#8217;Israël, parce que je pense que c&#8217;est important. Et je m&#8217;oppose aux sanctions, comme la suspension d&#8217;accords de coopération, parce que, je ne crois pas au boycott, je ne crois à aucun boycott d&#8217;ailleurs, nulle part. Je pense que cela pénalise les populations et que cela fait reculer le progrès (dans le sens noble du terme), tant intellectuel que scientifique, économique, etc&#8230; Donc, voilà, là aussi, je pense que je suis dans un parti qui défend des valeurs et qui donc défend l&#8217;existence de l&#8217;Etat d&#8217;Israël. Evidemment, cela ne veut pas dire que tout le monde dans mon parti défend toujours les positions prises par tout gouvernement israélien ; je pense qu&#8217;il faut nuancer. En tout cas au MR, de nombreux élus répondent présents pour défendre ces valeurs.</p>
<p>Je dois dire que parmi les plus ardents opposants, ce que j&#8217;ai ressenti, c&#8217;est qu&#8217;ils émanent de la gauche. Vous allez me dire qu&#8217;en dehors du MR, tous les partis de la majorité font partie de la gauche. C&#8217;est effectivement le PS, le CdH et Ecolo qui, au niveau bruxellois, ont décidé de suspendre les accords de coopération entre l&#8217;Etat d&#8217;Israël et la Région bruxelloise. Si je dois mettre une hiérarchie dans l&#8217;opposition à l&#8217;Etat d&#8217;Israël, je pense qu&#8217;Ecolo vient en tête, suivi par le CdH. Quant au PS, il y a différentes tendances. Celles qui sont exprimées au Parlement bruxellois à travers toute une série de résolutions, émanent en tout cas de la tendance hostile à l&#8217;Etat d&#8217;Israël. Mais je dirais que dans d&#8217;autres hémicycles, dans d&#8217;autres assemblées parlementaires, ce n&#8217;est peut-être pas toujours le cas.</p>
<p>Que l&#8217;on attaque la politique d&#8217;un gouvernement - qu&#8217;il soit israélien ou d&#8217;ailleurs -  ne me dérange pas.  Ce qui me gêne par contre, c&#8217;est cette tendance à prendre systématiquement parti de manière unilatérale, entre deux détresses, avec un vocabulaire qui est toujours le même et qui ne fait jamais de place à la nuance, ni à un minimum d&#8217;empathie par rapport à une situation où, forcément, il y a toujours deux côtés qui souffrent.</p>
<p>Et même si ce n&#8217;est pas en même temps que les deux côtés souffrent autant, on ne peut pas mettre de hiérarchie dans la souffrance par rapport à des discriminations ; le faire est un très mauvais signal.</p>
<p>- M.L. :  Alors une question qui en est un peu la conséquence : est ce que vous pensez que la communauté juive a encore de beaux jours devant elle, dans notre pays ? Ou faites-vous plutôt partie des pessimistes à cet égard ? Finalement, n&#8217;y a-t-il qu&#8217;un seul parti qui défend un point de vue équilibré ? Si c&#8217;est le cas, on peut quand même avoir de sérieuses inquiétudes &#8230;</p>
<p>- V.T. : D&#8217;une part, je ne peux pas être entièrement pessimiste parce que sinon mon combat politique n&#8217;aurait pas de sens. D&#8217;autre part, je ne peux pas dire qu&#8217;aujourd&#8217;hui je sois entièrement optimiste non plus parce que la situation est grave et je vais m&#8217;expliquer. Je pense que la Belgique n&#8217;est pas un pays antisémite et n&#8217;a pas une politique antisémite ; il ne faut donc pas exagérer les choses. Par contre, je pense qu&#8217;il y a, malheureusement, un antisionisme et parfois un anti-israélisme exacerbés. Et certainement, une politique anti-israélienne et même un antisionisme, exprimé avec une diabolisation d&#8217;Israël permanente. Et c&#8217;est grave, parce que cela a des conséquences directes en termes d&#8217;antisémitisme. On le voit, et particulièrement depuis l&#8217;an 2000, depuis le tournant du siècle, l&#8217;expression de l&#8217;antisémitisme en Belgique est en lien direct avec les événements au Proche-Orient. En fait, je dirais que je suis surtout en colère.</p>
<p>En colère contre mes collègues parlementaires et en colère contre les médias. Je commencerais avec les médias. En Belgique, on n&#8217;a pas de presse d&#8217;opposition, on a une presse, qu&#8217;elle soit visuelle ou écrite, qui est une presse engagée de gauche. Dans d&#8217;autres  pays démocratiques d&#8217;Europe, vous avez une presse de gauche et une presse de droite. En France, vous avez Libé et vous avez le Figaro. En Angleterre, en Italie, en Espagne ou en Allemagne, c&#8217;est la même chose. Même en Flandre ! En fait, c&#8217;est vraiment une spécificité belge francophone : tous les journaux parlés ou écrits ont la même orientation. Donc, à un moment donné, quand, idéologiquement, il y a un tel parti pris, c&#8217;est un problème. Et par rapport au conflit du Proche-Orient, malheureusement, il y a un parti pris&#8230; Cela devient dramatique, parce que finalement tous les soirs, les images et le discours que captent les belges dans leurs foyers soutiennent de manière unilatérale une cause par rapport à une autre. On peut être pro-palestinien et je pense que c&#8217;est important qu&#8217;il y ait un Etat palestinien aux côtés - je dis bien aux côtés et non pas à la place - de l&#8217;Etat d&#8217;Israël et que les deux puissent vivre dans des frontières sûres et reconnues. Je constate cependant que le discours des médias n&#8217;est jamais celui-là, c&#8217;est toujours celui du « grand méchant » contre « le petit malheureux », sans la moindre nuance, sans aucune mise en perspective. C&#8217;est toujours le djinn et celui qui jette des cailloux contre le char ; jamais de questionnement par rapport à la démocratie qui se trouve derrière le char. On se retrouve vraiment dans une situation où les gens sont instrumentalisés. En plus de cela, on a des émissions provenant de satellites, qui rentrent aussi dans les foyers, en particulier dans les foyers d&#8217;origine arabo-musulmane, où le discours est, souvent, carrément un discours de haine par rapport à Israël et par rapport aux Juifs. A ce moment-là, évidemment, les choses se superposent et, à un moment donné, je pense qu&#8217;il y a certaines personnes, des jeunes mais également des moins jeunes, qui ne font plus la part des choses &#8230; Certains imams aussi instrumentalisent tout cela et prêchent la haine à qui veut bien les écouter. Et à un moment donné, tout se mélange&#8230; Si vous y ajoutez le discours politique ou médiatique peu nuancé sur le conflit du Proche-Orient et leur réactivité excessivement molle par rapport aux actes d&#8217;agression commis à l&#8217;encontre de la communauté juive, vous comprenez peut-être un peu mieux l&#8217;hostilité qui s&#8217;installe à l&#8217;égard de celle-ci. Mais j&#8217;aimerais dès lors entendre l&#8217;ensemble de nos politiciens et de nos médias quand des actes antisémites sont commis à l&#8217;encontre de la communauté juive, comme par exemple, tout récemment encore, à l&#8217;encontre de gamines juives dans certaines écoles. Or là, malheureusement, on n&#8217;entend quasi   rien.</p>
<p>Parallèlement à cela, un autre problème, c&#8217;est l&#8217;éducation. Dans certaines écoles, on n&#8217;enseigne plus la Shoah parce que s&#8217;il le fait, le professeur est mis en difficulté et qu&#8217;il n&#8217;a pas toujours envie de se battre pour cela. Et le comble, c&#8217;est que ces jeunes, qui sont  influencés par les discours haineux dont nous parlions il y a quelques instants, ne connaissent généralement rien de l&#8217;histoire de la Belgique, et particulièrement, de la période qui couvre la Seconde Guerre mondiale. Ils ne connaissent rien de l&#8217;histoire du Moyen-Orient non plus d&#8217;ailleurs. Il ne faut donc pas s&#8217;étonner d&#8217;en arriver à devoir réentendre le genre d&#8217;insultes un peu oubliées depuis 1945  comme : « Sale Juif, retourne dans ton pays », alors que le Juif auquel on s&#8217;adresse est né ici&#8230;</p>
<p>Je suis donc en colère parce que je pense que la responsabilité des médias et des politiques à ce propos est très lourde.</p>
<p>- M.L. : Mais ne craignez-vous pas d&#8217;être un peu « une voix dans le désert » ? Est-ce que vous voyez une solution ? Pourrait-on par exemple imaginer que les imams fassent l&#8217;objet d&#8217;un certain contrôle afin de se prémunir, le cas échéant, contre toute forme d&#8217;incitation à la haine ? Ou est-ce totalement impensable ?</p>
<p>- V.T. : J&#8217;ai pointé les manquements. Ceci dit, je pense effectivement que les politiques devraient insister pour que la formation des imams se fasse dans le cadre belge, par la Communauté Française par exemple. Ensuite je pense que, par exemple, un bourgmestre, comme celui de la Ville de Bruxelles, ne devrait pas autoriser systématiquement des manifestations qui reviennent à de l&#8217;incitation à la haine. Que ce soit en rue, à travers de « <em>check-points </em>», ou que ce soit à travers des mascarades, mais qui prennent à partie la population, toujours hors contexte, en mettant en scène des choses sans jamais les contextualiser, sans aucune nuance, avec une agressivité évidente, où on reporte la haine d&#8217;Israël sur le Juif et où on fait finalement des amalgames de tout. Là, effectivement, on devrait commencer par dire : «  Stop, ça suffit ! ». Malheureusement, je viens d&#8217;apprendre que de nouvelles manifestations vont être autorisées&#8230; Les politiques ont donc beaucoup à se reprocher. Je pense aussi à quelque chose de gênant : quand l&#8217;antisémitisme est chrétien, on peut le nommer, quand l&#8217;antisémitisme vient de l&#8217;extrême-droite, on le condamne avec force ! Mais quand l&#8217;antisémitisme vient de la communauté arabo-musulmane, la réaction est toujours plus feutrée. Je pense que cela vient du fait que cette communauté est elle-même discriminée : à l&#8217;emploi, au logement, etc&#8230;, ce qui est une réalité que je regrette et condamne, mais qui fait que certains politiques ont peur d&#8217;émettre des critiques.</p>
<p>- M.L. : Vos propos me semblent refléter avec réalisme la réalité actuelle, avec toutes ses perspectives inquiétantes. Mais ma question reste toujours : à votre avis, que peut-on faire pour y remédier ? Quelles sont les actions qui pourraient être entreprises maintenant et de manière concrète, auprès des médias, du monde politique, du monde universitaire ou au niveau de la jeunesse arabo-musulmane, pour que les choses évoluent dans un sens positif, pour que les gens commencent à poser un regard différent sur le sujet, commencent à s&#8217;y intéresser  d&#8217;une manière plus objective, commencent à poser les bonnes questions, commencent à nuancer ?</p>
<p>Faut-il créer des groupes de discussion entre les communautés, faut-il réagir sur le plan judiciaire ? Que faut-il faire ?</p>
<p>- V.T. : Je dirais d&#8217;abord que ce n&#8217;est pas uniquement par rapport à la jeunesse arabo-musulmane qu&#8217;il faut réagir. Je pense que c&#8217;est par rapport à la jeunesse dans son ensemble. Quant on voit ce qui se passe à l&#8217;ULB, on constate que ce sont très souvent aussi des étudiants belges qui participent à la diabolisation d&#8217;Isräel, à l&#8217;importation du conflit israélo-palestinien et qui tiennent dans leurs journaux des propos antisémites.</p>
<p>Je pense qu&#8217;il faut effectivement entreprendre différentes choses. D&#8217;abord, il faudrait peut-être systématiquement écrire aux médias pour leur communiquer un regard différent sur les événements. Je ne sais pas, en fait, c&#8217;est très difficile ; j&#8217;aurais envie de vous dire que si l&#8217;on investissait plus dans l&#8217;éducation, sans doute cela irait mieux ; mais en réalité, pour avoir des résultats rapides et concrets il faut en faire une priorité et remettre les choses à plat. Pour les enseignants et pour les élèves.</p>
<p>J&#8217;ai envie de dire que si les politiques se ressaisissent, cela ira sans doute mieux. Je pense que le problème est très profond. On a vraiment eu de bonnes années, après la guerre ; mais depuis le début des années quatre-vingt, il y a un tournant visible. Depuis la guerre du Liban, les choses ont, petit à petit, commencé à se dégrader. Les amalgames, les glissements sémantiques, les attaques perverses, tout cela a commencé petit à petit et l&#8217;on a laissé faire. Or, il est clair qu&#8217;il faut une tolérance zéro, des sanctions. Il faudrait peut-être commencer par dire que des organismes comme le MRAX, doivent faire sérieusement leur travail : soit ils rentrent dans le cadre de leur mission, soit on arrête et on crée d&#8217;autres outils. Mais ce sont vraiment des organismes où on doit réagir tout de suite et énergiquement. Et je l&#8217;ai dit : ce n&#8217;est pas parce que l&#8217;on n&#8217;a pas toujours les instruments légaux pour poursuivre en justice et se porter partie civile que, pour autant, le discours ne doit pas être clair et fort et juste. Or il n&#8217;est pas là, on n&#8217;entend rien, le silence est assourdissant ! Il me semble qu&#8217;il faut commencer par là : il faut que les messages soient systématiques, soient sans ambiguïté ; qu&#8217;on les entende haut et fort, et que ces instituts travaillent dans le cadre de leur mission. Ensuite, au niveau de l&#8217;éducation, je suis convaincue qu&#8217;il faut remettre à l&#8217;ordre du jour les cours d&#8217;histoire de la Deuxième Guerre mondiale avec, en particulier, un cours consacré à la Shoah donné par des enseignants formés, sans transiger là-dessus. Et ceux qui se font alors insulter par leurs élèves, il faut les aider, à tous les niveaux. En créant, entre autres, une cellule de spécialistes auxquels ils pourraient faire appel au moindre besoin.</p>
<p>La formation et l&#8217;éducation sont des outils qui agissent en profondeur, là où se trouvent les problèmes, les carences; car ce que l&#8217;on peut constater, c&#8217;est vraiment que l&#8217;ignorance est entretenue. Il s&#8217;agit, de plus, d&#8217;un sujet qui n&#8217;est jamais remis dans son contexte. A un moment donné, il faut aussi qu&#8217;on leur explique pourquoi ce problème, qui ne date pas d&#8217;aujourd&#8217;hui, est importé et ce qu&#8217;il contient. On n&#8217;a pas l&#8217;air de comprendre qu&#8217;il y a un problème depuis 1948, et même bien avant cela ! On ne souhaite pas saisir tout l&#8217;historique des problèmes d&#8217;Israël au sein du Proche-Orient. Bien sûr, on peut critiquer la politique du gouvernement d&#8217;Israël, mais peut-être qu&#8217;il faudrait alors critiquer aussi, et à juste titre me semble-t-il, d&#8217;autres politiques, arrêter d&#8217;avoir toujours ce double standard par rapport à Israël qui est finalement le pays le plus critiqué, le plus condamné par l&#8217;ONU. Vraiment à se poser des questions&#8230;</p>
<p>A un moment donné, il faudrait quand même faire place à plus d&#8217;objectivité !</p>
<p>- M.L. : Une dernière question, par rapport à cette fameuse étude qui avait  été menée par un chercheur d&#8217;une université flamande, un chercheur qui n&#8217;avait rien à voir ni avec la communauté musulmane, ni avec la communauté juive, et qui a constaté d&#8217;une manière totalement neutre, en n&#8217;utilisant donc que des critères statistiques et purement scientifiques, qu&#8217;une majorité, plus de 50% donc, de la jeunesse arabo-musulmane de notre pays était antisémite. Cette conclusion ne doit-elle pas constituer un énorme objet d&#8217;inquiétude ? Aujourd&#8217;hui, une certaine jeunesse, demain, peut-être, une majorité des adultes de ce pays&#8230;</p>
<p>Pensez-vous qu&#8217;il y ait encore quelque remède possible pour éviter le désastre ? Est-ce que, par exemple, l&#8217;organisation de groupes de discussions réunissant des représentants des différents cultes reconnus de notre pays, ainsi que de la laïcité,  pourrait constituer une piste vers une solution ? Finalement, aujourd&#8217;hui, même les chrétiens, surtout ceux qui vivent au Moyen-Orient, sont devenus, une communauté persécutée. Et un grand nombre d&#8217;entre eux quittent des lieux où ils sont présents depuis des centaines et des centaines d&#8217;années, parfois même avant les musulmans. Alors à propos de tout cela, que faire ?</p>
<p>- V.T. : Je pense qu&#8217;effectivement, là aussi, on entretient l&#8217;ignorance : ce n&#8217;est pas dénoncé, on le voit très peu à la télévision. Il y a toujours cette espèce de complaisance, et les messages qui arrivent à ces jeunes sont des messages qui sont déjà filtrés. Ils sont filtrés par les chaînes qu&#8217;ils  reçoivent via satellites comme Al Manar, Al Jazeera, etc&#8230; Je pense d&#8217;ailleurs qu&#8217;ici, on ne peut plus capter Al Manar, qui a été interdit, mais bien Al Jazeera. Mais le message est aussi biaisé par l&#8217;intermédiaire des chaînes belges et européennes. Toute l&#8217;information est systématiquement filtrée ; l&#8217;on ne prendra donc connaissance que d&#8217;une partie des événements. Je pense vraiment qu&#8217;une grande partie du problème vient de là, de l&#8217;information amputée qui parvient à ces jeunes, ainsi que de l&#8217;origine de leurs informations. Aujourd&#8217;hui, les jeunes lisent très peu ; ils n&#8217;ont donc que les images qu&#8217;ils reçoivent, dont ils sont abreuvés, et de ce qu&#8217;ils apprennent - ou n&#8217;apprennent pas - à l&#8217;école.  Alors pour les communautés arabo-musulmanes croyantes, cela se passe aussi en grande partie à la mosquée. Comme naguère encore, pour les catholiques, c&#8217;était à l&#8217;église. En ce qui concerne la synagogue, je pense que cela a toujours été moins politisé, du moins en Europe. Evidemment, en Israël et plus particulièrement à Jérusalem, le problème est posé différemment.</p>
<p>Pour répondre à votre question, oui, je pense effectivement que des échanges sont importants. Quand on rencontre l&#8217;autre, il a un visage différent, très souvent plus positif ; il fait déjà moins peur. J&#8217;y crois moi aussi. Quand on a lancé le projet Aladin au Parlement bruxellois, il y a une femme qui est venue avec sa fille. Elle et sa fille étaient voilées d&#8217;ailleurs. Et cette femme a dit que sa fille avait rencontré un garçon juif et qu&#8217;elles se sont rendues compte que, finalement, c&#8217;était un garçon comme un autre. Je pense que, malheureusement, c&#8217;était très révélateur d&#8217;une situation où, à travers tout ce qui se dit partout, le juif est diabolisé, parce qu&#8217;il est assimilé à Israël. Un Israël souvent déformé d&#8217;ailleurs. Agresser un juif devient ainsi quelque chose de « normal ». Encore une fois, je pense que l&#8217;agression de la petite Océane contient tous ces éléments-là. Les jeunes gamines qui ont agressé Océane connaissaient Océane, mais en avaient une perception qui n&#8217;avait rien à voir avec ce qu&#8217;est Océane réellement. Leur vision était complètement déformée, en rapport direct avec les clichés antisémites « classiques » comme celui  des juifs par rapport à l&#8217;argent par exemple, alors qu&#8217;Océane est issue d&#8217;un milieu modeste, ou encore par rapport à Israël, alors qu&#8217;elle n&#8217;y a même jamais été en vacances !</p>
<p>Cependant, il ne suffit pas toujours de simplement se rencontrer; je pense que les rencontres doivent être encadrées, animées par des professionnels. Et c&#8217;est très important d&#8217;avoir des gens qui sont formés à cela. Sinon, on court le risque  de rencontres inutiles, qui peuvent même, parfois, malheureusement, faire des dégâts. Pour en revenir à la communauté arabo-musulmane, je suis convaincue que là aussi, il y a une très mauvaise connaissance et perception de la réalité : on nous la présente très souvent comme agressive, alors que beaucoup de ses membres ne le sont pas, et la grande majorité aspire tout simplement à vivre paisiblement en Belgique. Ce sont vraiment toujours des minorités bruyantes et agissantes qui instrumentalisent les choses. Essayer d&#8217;atteindre ces jeunes-là, n&#8217;est évidemment pas une chose facile : ce sont parfois les mêmes qui se retrouvent dans les zones de non-droit à Molenbeek, ou dans les parkings, à vendre de la came, et qui font peur aux habitants des logements sociaux. On en retrouve un certain nombre dans les rues d&#8217;Anderlecht à agresser de vieilles personnes. Je pense que, malheureusement, cela dépasse le cadre spécifique judéo-musulman. On a un problème très sérieux face à cette jeunesse qu&#8217;on n&#8217;arrive pas à maîtriser, parce que pendant longtemps, on a laissé filer les choses et qu&#8217;on n&#8217;a pas mis de balises claires. Cela, le monde politique doit l&#8217;assumer aussi. Et il porte une lourde responsabilité d&#8217;avoir laissé aller tout cela. Maintenant on peut battre sa coulpe, mais ce n&#8217;est pas qu&#8217;à Bruxelles que le problème se pose, c&#8217;est à travers toute l&#8217;Europe.</p>
<p>Nous avons donc deux problèmes qui se superposent. Celui de l&#8217;intégration de certaines communautés immigrées, dont la jeunesse semble désoeuvrée, qui est la cible de discriminations, alors qu&#8217;elle doit pouvoir se projeter dans un avenir en Europe, si on veut tenter de résoudre les problèmes. C&#8217;est aussi cette jeunesse qui est pour partie instrumentalisée par des islamistes, par des gens mal intentionnés car ils n&#8217;ont donc pas trouvé la manière de s&#8217;intégrer harmonieusement dans les pays occidentaux d&#8217;accueil. Et à cela se superpose le problème du Moyen-Orient, qui est importé chez nous, mais aussi dans toute l&#8217;Europe. Ces deux problèmes superposés créent évidemment des situations très difficiles et qui ne permettent pas un grand optimisme. A-t-on encore le temps et la possibilité de réparer cela? Personnellement, je le crois, sinon je ne ferais pas ce que je fais. Mais je pense qu&#8217;il est vraiment moins une et si on n&#8217;agit pas de manière déterminée et ferme, <em>hic et nunc</em>, alors autant abandonner ! Mais moi, je n&#8217;ai pas envie d&#8217;abandonner. Quand j&#8217;entends les gens qui me disent : « Je n&#8217;ai pas posé mes valises au bon endroit , ou peut-être sont-ce mes parents qui n&#8217;ont pas posé leurs valises au bon endroit », je trouve cela terrible. Quand des jeunes disent : « Je pense que j&#8217;ai pas d&#8217;avenir en Belgique », je trouve cela terrible. Qu&#8217;ils décident de partir n&#8217;importe où dans le monde, parce qu&#8217;ils ont envie d&#8217;aller ailleurs, de se développer ailleurs, je peux l&#8217;accepter très facilement. « Le monde est un village », comme on dit, et ce n&#8217;est pas plus mal. Mais qu&#8217;ils partent parce qu&#8217;ils pensent qu&#8217;ils ne pourront pas être heureux ici, septante ans après la Shoah, non, cela, je ne peux pas l&#8217;accepter, ça fait vraiment trop mal. C&#8217;est cela qui me fâche, je le répète,  parce que je pense vraiment que les politiques et les médias portent une très lourde responsabilité à ce propos. Je pense qu&#8217;ils doivent réfléchir à leur manière d&#8217;aborder la société et à la manière de s&#8217;exprimer. Car tout ce qu&#8217;ils disent est reçu de plein fouet et interprété, souvent mal interprété et alors, trop souvent, bonjour les dégâts !!</p>
<p>- M.L. : Les politiques ne pensent-ils pas d&#8217;abord à eux-mêmes ? Comme il y a un électorat proportionnellement important qui est d&#8217;origine arabo-musulmane, ne se disent-ils pas qu&#8217;ils ont tout intérêt à se montrer bienveillants à l&#8217;égard de cette minorité-là, plutôt qu&#8217;à l&#8217;égard de celle de la communauté juive, qui présente actuellement une démographie beaucoup plus modeste ?</p>
<p>- V.T. : C&#8217;est bien pour cela que je dis qu&#8217;il ne faut pas parler en termes de communautés, mais en termes de valeurs, parce que le problème ne peut pas être celui d&#8217;une communauté, mais doit être celui de la démocratie. L&#8217;histoire a maintes fois montré que lorsque l&#8217;antisémitisme monte, le niveau démocratique baisse, et inversement. C&#8217;est cela qu&#8217;il faut faire comprendre aux politiques qui se soucient plus de leur réélection que de promouvoir une plus grande objectivité. Car c&#8217;est vrai qu&#8217;il y a un clientélisme électoral et, de plus, il n&#8217;y a pas que les politiques eux-mêmes, il y a tous les partis. Et c&#8217;est généralement en leur sein que les décisions sont prises. Un président de parti peut décider de donner le « la » plutôt par rapport à la défense des valeurs que par rapport à une communauté.</p>
<p>Didier Reynders, par exemple, est quelqu&#8217;un qui a toujours défendu des valeurs en premier lieu, et donc aussi par rapport à Israël, ce qui n&#8217;implique pas pour autant qu&#8217;il a toujours défendu la politique du gouvernement de l&#8217;Etat d&#8217;Israël, bien au contraire. Mais quand on défend  des valeurs, alors on défend, entre autres, la lutte contre le négationnisme, pour tous les peuples qui ont souffert d&#8217;un génocide. Quand on défend des valeurs, on défend la lutte contre tous les racismes et l&#8217;antisémitisme et on s&#8217;exprime de la même manière par rapport à tous les délits, où qu&#8217;ils soient commis. Et quand on défend des valeurs, on défend aussi le droit à l&#8217;existence de l&#8217;Etat d&#8217;Israël, même si on n&#8217;est pas toujours d&#8217;accord avec sa politique du moment. Mais on dit qu&#8217;il doit y avoir deux Etats, l&#8217;Etat d&#8217;Israël et l&#8217;Etat de Palestine, qui doivent pouvoir vivre côte à côte, et on défend tout ce qui peut mener à la paix et pas tout ce qui va faire plaisir à quelqu&#8217;un pour qu&#8217;il vote pour vous, quelqu&#8217;un qui s&#8217;identifie à l&#8217;une des parties d&#8217;un conflit qui existe à des milliers de kilomètres d&#8217;ici. C&#8217;est pour cela que je trouve que notre débat doit vraiment être ramené en termes de valeurs et c&#8217;est là que les démocrates peuvent se retrouver.  Et c&#8217;est là aussi que moi, j&#8217;ai vécu des moments très difficiles, notamment au Parlement bruxellois, parce que j&#8217;y ai trouvé des collègues à moi qui n&#8217;ont pas défendu les valeurs comme ils le devaient, et qui ont importé ici ce conflit du Moyen-Orient pour faire plaisir à une communauté, surtout six mois avant des élections.</p>
<p>On instrumentalise l&#8217;actualité, suite à quoi cela dégénère et puis on s&#8217;étonne. Là, je dis : non !</p>
<p>- M.L. : Finalement, notre problème est celui de l&#8217;éthique en politique&#8230;</p>
<p>- V.T. : Absolument.</p>
<p>- M.L. : Voilà Madame Teitelbaum, mille mercis pour votre analyse et surtout pour votre courage. Et je vous souhaite de tout cœur beaucoup de succès dans votre lutte pour le maintien des valeurs.</p>
<p>- V.T. : Merci à vous.</p>
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		<title>Attentat à Toulouse</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Mar 2012 09:43:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>consistoire</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

		<category><![CDATA[Premiere Page]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce lundi 19 mars 2012, les enfants et le personnel d&#8217;une école juive à Toulouse ont été victimes d&#8217;un acte d&#8217;une sauvagerie inqualifiable.
Un assassin a ouvert le feu sur des parents qui accompagnaient leur enfant à l&#8217;école et a poursuivi les enfants qui s&#8217;enfuyaient dans la cour de l&#8217;école pour tirer sur eux sans aucun [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce lundi 19 mars 2012, les enfants et le personnel d&#8217;une école juive à Toulouse ont été victimes d&#8217;un acte d&#8217;une sauvagerie inqualifiable.</p>
<p>Un assassin a ouvert le feu sur des parents qui accompagnaient leur enfant à l&#8217;école et a poursuivi les enfants qui s&#8217;enfuyaient dans la cour de l&#8217;école pour tirer sur eux sans aucun scrupule et de sang froid.</p>
<p>Trois enfants et un professeur ont perdu la vie, tout simplement parce qu&#8217;ils étaient juifs, ceci comme durant les horribles années du nazisme.</p>
<p>Le Consistoire Central Israélite de Belgique a pris connaissance avec horreur et dégoût de cet acte odieux qui est également dirigé contre la communauté juive dans son ensemble.</p>
<p>Dans notre pays, comme dans tous les autres états de l&#8217;Union Européenne, les institutions juives, et plus particulièrement les écoles juives, doivent bénéficier d&#8217;une surveillance permanente et renforcée contre de possibles attentats. Même après la Shoah, le peuple juif n&#8217;est pas admis à jouir d&#8217;une liberté insouciante en toutes circonstances.</p>
<p>Le Consistoire Central Israélite de Belgique partage la douleur de toutes les familles des victimes et leur fait part de sa profonde et réelle empathie.</p>
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		<title>Décès du Baron Georges Schnek</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Mar 2012 22:45:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>consistoire</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

		<category><![CDATA[Premiere Page]]></category>

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		<description><![CDATA[Communiqué du Consistoire Central Israélite de Belgique
C&#8217;est avec une profonde douleur que le Consistoire Central Israélite de Belgique vous fait part de la perte qu&#8217;il vient d&#8217;éprouver en la personne de son président d&#8217;honneur, le Baron Georges Schnek.
Il fut résistant très engagé durant la domination nazie, professeur de chimie à l&#8217;ULB, co-fondateur de l&#8217;Union des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Communiqué du Consistoire Central Israélite de Belgique</p>
<p>C&#8217;est avec une profonde douleur que le Consistoire Central Israélite de Belgique vous fait part de la perte qu&#8217;il vient d&#8217;éprouver en la personne de son président d&#8217;honneur, le Baron Georges Schnek.</p>
<p>Il fut résistant très engagé durant la domination nazie, professeur de chimie à l&#8217;ULB, co-fondateur de l&#8217;<em>Union des Etudiants Juifs de Belgique</em>, président du Consistoire Central Israélite de Belgique et, jusqu&#8217;il y a peu, président du <em>Musée Juif de Belgique</em>. Il fut aussi à la base de la création<em> </em>de<em> </em>l&#8217;<em>Institut d&#8217;Etudes du Judaïsme Martin Buber, </em>dont il était vice-président.</p>
<p>L&#8217;inhumation aura lieu le mercredi 21 mars 2012 à 14h30 au cimetière juif de Kraainem.</p>
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		<item>
		<title>Allocution du Prof. J. Klener, président du Consistoire, à la séance académique Mémoire – Education – Justice , qui s’est tenue jeudi, le 26 janvier 2012, à Malines</title>
		<link>http://www.jewishcom.be/wordpress/2012/02/01/allocution-du-prof-j-klener-president-du-consistoire-a-la-seance-academique-memoire-%e2%80%93-education-%e2%80%93-justice-qui-s%e2%80%99est-tenue-jeudi-le-26-janvier-2012-a-malines/</link>
		<comments>http://www.jewishcom.be/wordpress/2012/02/01/allocution-du-prof-j-klener-president-du-consistoire-a-la-seance-academique-memoire-%e2%80%93-education-%e2%80%93-justice-qui-s%e2%80%99est-tenue-jeudi-le-26-janvier-2012-a-malines/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 11:08:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>consistoire</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.jewishcom.be/wordpress/?p=401</guid>
		<description><![CDATA[Mijnheer de Voorzitter van de Europese Raad,
Mijnheer de Israëlische Minister voor de diaspora,
Dames en Heren ambassadeurs, gouverneurs, senatoren, parlementsleden, burgemeesters en maatschappelijke mandatarissen,
Ladies and Gentlemen in your dignities and responsibilities,
Mesdames, Messieurs en vos  qualités et responsabilités,
Dames en Heren in uw functies en hoedanigheden,
Namens de Nationale Commissie van de Joodse Gemeenschap van België voor Restitutie en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mijnheer de Voorzitter van de Europese Raad,</p>
<p>Mijnheer de Israëlische Minister voor de diaspora,</p>
<p>Dames en Heren ambassadeurs, gouverneurs, senatoren, parlementsleden, burgemeesters en maatschappelijke mandatarissen,</p>
<p>Ladies and Gentlemen in your dignities and responsibilities,</p>
<p>Mesdames, Messieurs en vos  qualités et responsabilités,</p>
<p>Dames en Heren in uw functies en hoedanigheden,</p>
<p>Namens de Nationale Commissie van de Joodse Gemeenschap van België voor Restitutie en Herinnering en Educatie (Opvoeding) heet ik u allen welkom op de academische zitting naar aanleiding van het Belgische voorzitterschap van de <em>European Taskforce on Shoah  remembrance, education and research.</em></p>
<p>Mij valt de heikele eer te beurt om (als eerste) het onzegbare te verwoorden,  om te spreken over die Sjoa, met zijn voor joodse mensen  tijdloos herinneringsgebod, en zijn recent-recurrente noodzaak, om uit te leggen waarom deze gedachtenis-activiteit, en dus b.v. het werk van de Task Force, niet enkel voor het jodendom, maar ook voor de gehele wereld, een sacrale plicht is, en waarom voor de eigentijdse generaties de horribele werkelijkheid van WO II is geworden tot een ethische kantelfase, tot een moreel ijkpunt, waarbij zichtbaar werd  hoe mensenbroos de afrasterdraad is, tussen beschaving en barbarij.</p>
<p>Mais ne faut-il pas, demandent certains, laisser les morts et les martyrs et l&#8217;oubli, le bon oubli cicatriser les blessures du passé ? Oui, bien sûr, il le faut ! Il est toujours bon de laisser les morts enterrer les morts. Et je dirais même qu&#8217;il n&#8217;y a pas plus juif, pas plus conforme aux commandements de notre Torah, que cette injonction  d&#8217;enterrer vite. Sauf quand ce sont des morts dont le mourir même fut programmé pour être une mort sans trace, et dont le poète Paul Celan disait que leur tombe se trouve dans les nuages. Alors, par exception, il est du devoir des survivants et des enfants des survivants, de porter en eux le souvenir de ces pères qui auront, à jamais, l&#8217;âge de leurs enfants.</p>
<p>Men hoort vaak zeggen:&#8221; Die judeocide was een overmatige misdaad, maar, waar halen jullie het om die ondaad erger te vinden dan al die andere wandaden gepleegd in de te lange geschiedenis van intermenselijk bloedvergieten ? &#8221;</p>
<p>Maar, Dames en Heren, niets is verder verwijderd van het joodse gedenken dan het opstellen van een waardeschaal, van een hiërarchie onder de doden. Alleen is het zo, dat er toen, tijdens de Sjoa, iets gebeurde, en daar kunnen wij toch niets aan doen, dat zonder voorgaande is.</p>
<p>Dat iets, ce quelque chose, mesdames, messieurs, c&#8217;est une chasse à l&#8217;homme  qui, à part quelques heureuses exceptions sauvées grâce au courage de citoyens révoltés par ces crimes, impliquait l&#8217;impossibilité pour le gibier juif de trouver un lieu, un seul, où se soustraire à leurs bourreaux. Une extermination - c&#8217;est cela qu&#8217;elle eut d&#8217;atrocement singulier qui ne laissait pas de recours, parce qu&#8217;elle se voulait sans reste .</p>
<p>Therefore studying the Shoah is  about studying people, real-life individuals caught up in the destructive whirlwind of aggression. It is this human element and the poignancy of the individual narrative that compels one to study and remember. The complex issues that accompany a study of the Shoah should encourage the rising generations to think critically about important issues and values not only within the historical context of the early forties of the 20<sup>th</sup> century, but also in contemporary society.</p>
<p>Natuurlijk zijn er ook de wapperende wijsvingers van de bits-betweterige zedenmeesters en  moraalridders die ons toefluisteren &#8220;Welk nut heeft het oprakelen van gisterse rassenhaat, terwijl het de racismen en extremismen van morgen zijn, die ons bedreigen ? Vrezen jullie niet dat het zich blindstarend vastpinnen op verlopen genociden, de volkenmoorden verdoezelt, die, in onze eigen tijdruimte worden gepleegd?  Neen, Dames en Heren, ik geloof het vrankgezegd niet, integendeel, ben ik ervan overtuigd dat er in deze een verdere reden schuilt om de herinnering aan de  Sjoa te bewaren en te bewaken. Ondanks het feit dat het multipele kwaad van Maïdanek, Treblinka, Sobibor, Chelmno en Dossin-Mechelen, elk bevattingsvermogen blijft tarten , waarom waren het  vooral Sjoa-gevoelige joodse en niet-joodse  organisaties die zich destijds inzetten, tegen b.v. de gruwelen in het Darfoer-gebied ?</p>
<p>Penser Auschwitz est, je le crois, toujours impossible, car il n&#8217;est pas donné à l&#8217;homme d&#8217;appréhender l&#8217;inhumanité de l&#8217;homme, sinon il n&#8217;y aurait pas eu ni le Cambodge, ni le Rwanda, mais pourquoi, quand le monde fermait les yeux sur ces massacres, revint-il à une poignée d&#8217;hommes et de femmes, dont le seul point commun était d&#8217;avoir la Shoah au cœur et le « plus jamais ça » d&#8217;Auschwitz, en tête,  de sonner le tocsin ? Ils n&#8217;étaient ni mieux ni moins informés que d&#8217;autres. Ils avaient juste une échelle du mal et du pire, une sorte de  boussole éthique qui leur signalait, chaque fois, la proximité de la Bête immonde et de son parfum caractéristique.</p>
<p>Above all the Shoah aptly demonstrates the fragile nature of democratic institutions, it challenges students to develop their participation in our own democratic system, the legacy of the Shoah is fundamentally the call to foster a caring and responsible society that respects its citizens.</p>
<p>Il faut commémorer et étudier la Shoa, parce que loin de nous rendre aveugle aux souffrances du moment, c&#8217;est le seul moyen, au contraire, de les rendre intolérables et visibles et ainsi faire partie de cette part de l&#8217;humanité qui, elle, n&#8217;oublie pas et refuse de laisser resurgir les démons d&#8217;un effroyable passé européen.</p>
<p>And thus understanding the range of human behaviour represented by the categories of Victim, Bystander, Perpetrator and Rescuer, makes the Shoah a story, for all humanity, about how to overcome prejudice, intolerance and bigotry and the suffering they cause.</p>
<p>Ladies and gentlemen,</p>
<p>May I in conclusion leave you with this rabbinical saying  from the 2nd century:</p>
<p>&#8220;One cannot have a sense of the future without remembering the past, because the tragedy of one generation must give birth to the hope of the next.&#8221;</p>
<p>Mesdames, Messieurs, rappelons, pour terminer, ce que disait, en 1833, une des grandes figures de la jeune Belgique indépendante, Albert Joseph Goblet d&#8217;Alviella :</p>
<p>« Sans mémoire, pas de conscience, sans conscience, plus d&#8217;espoir ».</p>
<p>Lord Byron, de Europeeër, meende:&#8221; The best prophet of the future, is the past, de beste profeet over de toekomst is het verleden!&#8221;  Neen, Dames en Heren, laat dat verleden geen toekomst worden, laten wij gefundeerde zwartgalligheid overstijgen, en dankzij echte antwoorden, die de ijzingwekkende noodzaak doen vergeten, ervoor zorgen dat, tijdens de Belgische Task Force-jaren , ethische woordkracht worde tot effectieve daadkracht., want te dikwijls plaveiden louter ijlholle voornemens, de weg naar de hel.</p>
<p>TEXTES D&#8217;INTRODUCTION - INLEIDENDE TEKSTEN:</p>
<p>1. H. Van Rompuy</p>
<p>Mijnheer de Voorzitter van de Europese Raad,</p>
<p>Een paar dagen geleden hoorde ik u terecht herhalen hoe het dynamische sleutelbegrip van de Europese eenheid, de verzoening is. Is het louter toeval dat het jodendom, de ethische verzoening met de Schepper, met de andere en met zichzelf, nu reeds millennialang,  heeft verheven, tot zijn hoogste morele waarde en Jom Kippoer, Grote Verzoendag, de meest intense joodse hoogdag is. Dat het  Europees-joodse lot, de noodzaak van rechtzinnige verzoening, schrijnend illustreert, hoeft voor u geen verder betoog, uw aanwezigheid hier vanmiddag is daarvan het zoveelste bewijs.</p>
<p>Mag ik u, met ons aller dank, dan ook verzoeken om het woord te nemen,</p>
<p>Dames en Heren,</p>
<p>De permanente voorzitter van de Europese Raad, Dhr. Herman Van Rompuy&#8230;.</p>
<p>2. E. Ringer</p>
<p>Het is steeds moeilijk om een vriend in te leiden, laat ik dan maar zeggen, dat zonder de bevlogen geestdrift, het gedreven pionierswerk en de ondoofbare inzet van de volgende spreker, restitutie wellicht een vrome gedachte zou zijn gebleven, D. en Hrn. ,de medevoorzitter van de organiserende vereniging .</p>
<p>Dhr. E. Ringer</p>
<p>3. E. Di Rupo:</p>
<p>Mijheer de Eerste Minister,</p>
<p>Denkend aan uw verantwoordelijkheden en uw uitstraling , kwam ik terecht bij drie gebald-gevleugelde uitspraken:</p>
<p>a. Van de   middeleeuws joodse dichter-mysticus Mosje ben Kalonymos da Lucca:</p>
<p>&#8220;Il prend la vie comme une coupe de vin, le sourire aux lèvres, même si son cœur saigne&#8221;</p>
<p>b. Van Sir Winston Churchill :</p>
<p>&#8221; Politiek is slechts kunst, wanneer de  schilder erin slaagt om de diverse tinten  te schikken tot een democratisch geheel&#8221;.</p>
<p>c. De Baudelaire:</p>
<p>&#8220;Il ne méprise la sensibilité de personne, car la sensibilité de chacun, c&#8217;est son génie&#8221;.</p>
<p>Dames en Heren : E .D.R.</p>
<p>4. Opperrabbijn Lieberman</p>
<p>Mag ik thans uw heel biezondere aandacht vragen voor een van de coryfeeën, een van de halachische wijzen uit de Antwerps-joodse gemeenschap, een waarachtig mens, alomgeëerd, die puntige humor koppelt aan zieleroerende animo en absolute discretie bindt aan ware empathie . Dames en heren, opperrabbijn Lieberman</p>
<p>5. B. Klarsfeld</p>
<p>Madame Klarsfeld,</p>
<p>On ne vous présente plus, vous la militante de la mémoire de la Shoah, vous la militante anti-nazie, ferme et inébranlable, qui au cours d&#8217; une réunion du parti CDU, d&#8217;une manière percutante et emblématique, rappela le passé brun du chancelier Kurt Georg Kiesinger, Beate la Gifleuse, vous qui, avec votre mari Serge, êtes les figures symboliques qui créèrent <em>l&#8217;</em> <em>Association des Fils et des Filles des Déportés de France</em>, qui s&#8217;est chargée de défendre la juste cause des descendants de déportés, tout en ayant, d&#8217;autre part, débusqué les bourreaux tels que Aschenbach, Lischka, Hagen, Klaus Barbie et autres.</p>
<p>Madame merci de nous honorer de votre présence et je vous cède immédiatement la parole&#8230;</p>
<p>6. Julius Berman</p>
<p>We are honored and delighted to have, with us today, a very special guest from the U.S.A, Mr. Julius Berman, president of the Conference on Jewish Material Claims. The Claims Conference has been totally dedicated to providing a measure of justice for the Jewish victims of the Shoah, since  1951.</p>
<p>The Claims Conference remains painfully aware that the destruction of Jewish Life during the Shoah can never be made whole. However they continue to keep their focus on issues of concern to survivors and to the Jewish Communities wherever they live, without further ado please welcome Mr. Julius Berman&#8230;</p>
<p>7. P. Markiewicz</p>
<p>Dames en Heren, de tijd van de slotbedenkingen is gekomen, zij worden gesproken door de voorzitter van de joodse gemeenschap van Brussel, tevens medevoorzitter van de Nationale Commissie van de joodse gemeenschap van België voor Restitutie en Herinnering. Een man gestuwd door de onverzettelijke wil om de algemeen-maatschappelijke en interlevensbeschouwelijke bijdrage van de joodse gemeenschap in België vorm te geven en veilig te stellen, D. en Hrn, uw aandacht voor meester P.M&#8230;.</p>
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		<item>
		<title>Inauguration d&#8217;une plaque commémorative à la Maison des Etudiants Juifs de Belgique</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 21:23:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>consistoire</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 22 janvier 2012, une nouvelle plaque a été inaugurée dans la Maison des Etudiants Juifs de Belgique pour rendre hommage aux initiateurs de cette maison d&#8217;étudiants.
A cette occasion le prof. J. Klener a tenu à prononcer les quelques mots qui suivent :
Puis-je d&#8217;abord saluer tous les présents ayant accepté de partager ce moment de convivialité [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le 22 janvier 2012, une nouvelle plaque a été inaugurée dans la Maison des Etudiants Juifs de Belgique pour rendre hommage aux initiateurs de cette maison d&#8217;étudiants.</p>
<p>A cette occasion le prof. J. Klener a tenu à prononcer les quelques mots qui suivent :</p>
<p><em>Puis-je d&#8217;abord saluer tous les présents ayant accepté de partager ce moment de convivialité sincère. Merci donc d&#8217;être là en cet après-midi dominical où nous aurons le grand plaisir d&#8217;inaugurer une plaque commémorative en l&#8217;honneur de ceux qui, avec ténacité et dévouement, ont réussi, avec le legs de Herbert Cohn, à créer et à sauvegarder cette oasis de rencontre physique et mentale, destinée aux étudiants juifs de Belgique et d&#8217;ailleurs.</em></p>
<p><em>Merci donc au Grand Rabbin Albert Guigui, au président de la Communauté Israélite de Bruxelles, Philippe Markiewicz, et surtout à l&#8217;initiateur du projet, Georges Schnek.</em></p>
<p><em>En somme, cet immeuble mériterait d&#8217;être appelé « Maison Georges Schnek », car, c&#8217;est toi qui fus l&#8217;artisan éclairé du lien irréversible entre le Consistoire et cette maison. C&#8217;est toi, cher Georges, qui est responsable de ce besoin que nous éprouvions de te rendre cet hommage. Rassure-toi, je n&#8217;abuserai pas de ta patience, mais je rappellerai que le mot-clé de toutes tes démarches est « courage », le courage de pouvoir s&#8217;imposer sans crier, sans forcer, ton courage si subtil  qui réussit lors d&#8217;un litige dans la communauté de ne fâcher aucune des parties concernées, grâce à ton implacable douceur, le courage avec tout ce que cela suppose de volonté, d&#8217;abnégation et de force vitale. Des qualités moins rares que l&#8217;on ne pourrait le penser, mais que tu as portées au plus haut degré. </em></p>
<p><em>Je crois que nous pourrions résumer notre pensée et nos sentiments en cette seule phrase : Merci, Georges, d&#8217;être ce que tu es !</em></p>
<p><em>A présent je te demanderais de bien vouloir dévoiler cette plaque.</em></p>

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<a href='http://www.jewishcom.be/wordpress/2012/01/23/inauguration-dune-plaque-commemorative-a-la-maison-des-etudiants-juifs-de-belgique/p1020125/' title='p1020125'><img src="http://www.jewishcom.be/wordpress/wp-content/uploads/2012/01/p1020125-150x150.jpg" width="150" height="150" class="attachment-thumbnail" alt="" /></a>

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		<title>Interview du Professeur Jacques Brotchi - propos recueillis par Michel Laub</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Dec 2011 18:50:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>consistoire</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[-M.L. : Professeur Brotchi, vous êtes une personnalité belge hors du commun.
Neurochirurgien de réputation mondiale, vous avez créé le service de neurochirurgie del&#8217;hôpital Erasme et en avez fait un service de tout premier plan, alliant lamédecine et la recherche de pointe.
Depuis2004, vous vous investissez également en politique, à la demande du MR, et vous menez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>-M.L. : Professeur Brotchi, vous êtes une personnalité belge hors du commun.<br />
Neurochirurgien de réputation mondiale, vous avez créé le service de neurochirurgie del&#8217;hôpital Erasme et en avez fait un service de tout premier plan, alliant lamédecine et la recherche de pointe.<br />
Depuis2004, vous vous investissez également en politique, à la demande du MR, et vous menez le combat dans notre pays pour la défense de la santé, de la recherche et de l&#8217;enseignement, sans négliger pour autant les problèmes délicats de la bio-éthique.<br />
D&#8217;autre part, vous faites preuve d&#8217;un courage remarquable en assumant haut et fort votre appartenance à la communauté juive et en la défendant contre l&#8217;antisémitisme. Vous avez posé des gestes forts, comme p.e. celui de démissionner avec fracas de la Fondation de l&#8217;ULB, suite aux incidents antisémites qui s&#8217;y sont produits depuis 2010 et en conséquence desquels vous attendiez les réactions qui auraient dû s&#8217;imposer tout naturellement de la partdes différents niveaux d&#8217;autorité et de responsabilités de l&#8217;ULB, mais qui nesont pas venues.<br />
Alors que de nombreux politiciens et media de notre pays pratiquent la politique de l&#8217;autruche par rapport à ce problème, vous n&#8217;avez pas hésité à réagir sans sacrifier le moins du monde à cette nouvelle forme de lâcheté qu&#8217;est le« politiquement correct » auquel se réfèrent actuellement tant de responsables du monde politique, médiatique et universitaire, pour ne citer queceux-là.<br />
Alors une première question :<br />
pouvez-vous éclairer un peu nos lecteurs sur quelques avancées parmi les plus remarquablesde ces dernières années dans les domaines scientifique et médical qui sont  les vôtres ?</p>
<p>-J.B. : Il y a plusieurs avancées. Il y a certainement l&#8217;avancée de l&#8217;imagerie médicale qui a complètement révolutionné la manière dont nous voyons aujourd&#8217;hui ce qui se passe, en particulier dans mon domaine, c&#8217;est-à-dire le cerveau, la moelle épinière, mais c&#8217;est valable aussi pour les autres organes, le cœur, le foie, les poumons, les intestins etc., je pense en particulier à la résonance magnétique d&#8217;un côté et au pet-scan d&#8217;un autre côté. Ces appareils n&#8217;existaient pas dans les années septante. Il faut se rappeler que le scanner qui paraît déjà un examen vieux, est arrivé au milieu des années septante, mais avant cela nous faisions de la médecine sans scanner. Elle était peut-être meilleure sur le plan humain parce que l&#8217;on prenait son temps pour interroger le malade et l&#8217;examiner et on en déduisait toute une série de possibilités diagnostiques. Par la suite, la résonance magnétique est arrivée dans les années quatre-vingts et a été suivie très rapidement par le pet-scan dans les années quatre-vingts également. Ces examens ont changé la donne et nous voyons non seulement ce qui se passe, mais nous voyons aussi comment l&#8217;organe fonctionne. Avec la résonance magnétique, on peut, par exemple, allumer certaines zones du cerveau en demandant au malade de bouger le pouce ou le gros orteil, parler, réfléchir, bref, ce sont des zones différentes du cerveau qui s&#8217;allument, qui nous permettent alors de mieux comprendre comment le cerveau fonctionne, ce qui nous permet aussi alors de voir ce qui ne va pas, et enfin en tant que neurochirurgien, nous permettre aussi de voir par où nous pouvons aller et par où nous ne devons pas aller quand nous décidons d&#8217;opérer et de pénétrer le cerveau. Tout cela, dans un but de meilleure qualité de vie. Dans le temps, on était heureux quand on sauvait la vie, aujourd&#8217;hui, nous sommes heureux quand nous préservons une qualité de vie, ce n&#8217;est plus la vie à tout prix, c&#8217;est la qualité de vie ! Et le pet-scan montre  comment nos organes fonctionnent sur le plan biochimique et c&#8217;est un outil très appréciable, notamment pour le suivi des cancers pour la détection des métastases, ceci dans le corps entier, pas seulement pour le cerveau. Cela permet aussi, dans certaines tumeurs, qui ne sont pas nécessairement agressives, de voir s&#8217;il n&#8217;y a pas une partie de la tumeur qui est plus méchante que l&#8217;ensemble de la tumeur et c&#8217;est cette partie-là qu&#8217;il faudra impérativement enlever, détruire, mettre hors circuit pour que le malade  puisse continuer à vivre en bon état. Donc, ce sont des examens fort importants. Pour moi, l&#8217;imagerie médicale a révolutionné en tout cas mon métier de neurochirurgien et nous permet aussi, en combinant l&#8217;informatique, d&#8217;opérer avec une espèce de guidage GPS comme dans la voiture, basé sur l&#8217;imagerie médicale.<br />
A côté de cela, je vous dirais qu&#8217;une autre découverte qui, pour moi, est importante, de manière beaucoup plus générale, c&#8217;est le décryptage du génome,le fait d&#8217;avoir pu analyser, décrypter tous nos gènes et mieux comprendre alors ce qui se passe et pourquoi certains attrapent une maladie et d&#8217;autres pas.Nous sommes tous porteurs d&#8217;un potentiel de tomber malades et il faut que, dans la vie, nous rencontrions des circonstances particulières qui activent ce gène dont nous sommes porteurs. Mais, parfois, il ne faut pas un gène, il en faut deux ou trois, ce qui explique que, par exemple, tous les fumeurs ne vont pas développer un cancer du poumon, ce qui explique aussi que, malheureusement, quelqu&#8217;un peut parfois développer un cancer du poumon, même s&#8217;il n&#8217;a pas été fumeur. Ce sont donc des données tout à fait nouvelles. Cela permet aussi aujourd&#8217;hui de mieux comprendre le fonctionnement des tumeurs, je dirais, entre autres, leur réactivité aux médicaments. Pour le cancer, cela permet de choisir la bonne chimiothérapie. C&#8217;est important. Ce sont des traitements lourds, mais qui valent la peine à la condition qu&#8217;il y ait un résultat et aujourd&#8217;hui, on a les moyens d&#8217;aller dans ce sens-là. Et enfin, je dirais, grâce au décryptage du génome, on va pouvoir non seulement comprendre, mais combattre toute une série de maladies qui aujourd&#8217;hui restent un petit peu en rade, comme la maladie d&#8217;Alzheimer. Donc, ce n&#8217;est pas seulement le cancer, c&#8217;est l&#8217;ensemble de toute une série de maladies, qui nous posent problème. Donc, je dirais, en résumé, les deux grandes avancées, sont l&#8217;imagerie médicale et le décryptage du génome.</p>
<p>-M. L. : Quels sont les plus grands problèmes dans les domaines de la santé et de la recherche pour les solutions desquelles vous vous investissez actuellement sur le plan politique ?</p>
<p>J.B. :  Il y a plusieurs problèmes. Il est évident que l&#8217;un des problèmes, pour avancer dans la recherche, est son financement. Il ne faut pas se masquer la vue, l&#8217;argent reste le nerf de la guerre et le financement est indispensable si on veut avancer. Et malheureusement, le financement  par l&#8217;Etat reste en deçà de ce qu&#8217;il devrait être. Je rappellerais que dans le protocole de Lisbonne qui date déjà d&#8217;une dizaine d&#8217;années, il était prévu que,normalement en 2010, on devrait consacrer 3% de son produit intérieur brut à la recherche, ce qui est loin d&#8217;être le cas dans tous les pays européens, et ce, y compris la Belgique. A côté de cela, bien sûr, il faudrait dynamiser le sponsoring et peut-être faudrait-il revoir alors la manière dont les sponsors pourraient déduire de leurs revenus les dons qu&#8217;ils font pour la recherche,comme aux Etats-Unis. Ce sont des voies intéressantes, et qui ne sont certainement pas des voies utopiques, cela pourrait très bien changer dans les mois, voire les années qui viennent, avec le nouveau gouvernement que nous avons.<br />
A côté de cela, il est évident que sur le plan de la recherche, il y a un grand défi aujourd&#8217;hui. Ce défi est basé sur le développement de cellules souches. On parle beaucoup de cellules souches. C&#8217;est quoi une cellule souche ? C&#8217;est une cellule toute jeune, qui a quelques jours d&#8217;existence, à partir d&#8217;un ovule qui a été fécondé, un embryon qui vient de commencer à exister. Il est composéde cellules qui n&#8217;ont pas encore décidé si elles vont devenir des cellules nerveuses, des cellules musculaires, cardiaques, hépatiques etc. Aujourd&#8217;hui, il y a énormément d&#8217;investissements faits dans la recherche, investissements financiers, mais aussi investissements intellectuels pour justement entrer dans une nouvelle phase de la médecine qui ne sera plus la phase d&#8217;enlever, voire de soulager un malade d&#8217;un problème qu&#8217;il a, mais de réparer les dégâts, les dégâts que la maladie a commis, que l&#8217;accident a commis ou que le chirurgien a commis. Bref, réparer les dégâts. Exemple : dans le cerveau, vous pouvez avoir une hémorragie ou une thrombose et vous êtes hémiplégique. Aujourd&#8217;hui,il y a de nouveaux circuits qui se remettent en route au fil des mois, d&#8217;où l&#8217;importance de la rééducation et de la kiné ; mais, malheureusement, les fibres qui sont  sectionnées, resteront sectionnées, les neurones qui ont été détruits, resteront  détruits et ce sont donc des circuits parallèles qui vont se mettre en route pour compenser, mais ce ne sera  pas une vraie réparation. Aujourd&#8217;hui,on espère, avec les cellules souches, arriver à réparer. Pour cela, il faut encore de nombreux travaux chez l&#8217;animal, pour donner des ordres aux cellules souches, un petit peu comme l&#8217;on donne des ordres à des soldats, pour leur dire « vous allez faire ceci » et « vous, vous allez devenir cela », « vous allez vous habiller comme ceci » ou bien « vous mettrez votre képi comme cela ». C&#8217;est en route. Le jour où c&#8217;est contrôlé et maîtrisé, notre médecine va complètement changer. Je vous donne des exemples, qui ne sont pas des exemples en l&#8217;air, mais qui sont sur le point d&#8217;aboutir, parce qu&#8217;il y a déjà non seulement des expériences sur l&#8217;animal, mais déjà quelques essais chez l&#8217;être humain. Ainsi, après une crise cardiaque, un infarctus du myocarde comme on dit, quand une artère coronaire est bouchée, il y a une partie du cœur qui meurt, et puis, cette artère, elle donne du sang à toute une zone périphérique, le radiologue pourra mettre un stent pour essayer de déboucher ou le chirurgien cardiaque va faire un pontage pour amener le sang au delà de l&#8217;endroit bouché. Mais il n&#8217;empêche qu&#8217;il y a une partie du cœur qui n&#8217;a pas eu de sang et d&#8217;oxygène pendant un moment et qui donc est morte. Ce qui veut dire que même si l&#8217;on fait un pontage, l&#8217;organe lui-même, le muscle ne peut plus travailler à100% ; on a par exemple 25 ou 30% de ce muscle ne sont plus utilisables. Le but de ces cellules souches, c&#8217;est de refaire du muscle cardiaque, et de remplacer, de réparer la partie du muscle cardiaque qui est morte, suite à la thrombose. Il y a d&#8217;autres travaux aujourd&#8217;hui qui avancent aussi, notamment pour essayer de réparer le pancréas qui fonctionne mal. C&#8217;est un énorme défi, mais qui permettra d&#8217;envisager le traitement du diabète autrement. Aujourd&#8217;hui, en Belgique, il y a un demi-million de diabétiques et ce nombre ne fait qu&#8217;augmenter. Peut-être que le jour où ces cellules souches seront prêtes pour constituer un nouveau pancréas qui va sécréter de l&#8217;insuline comme il le devrait, nous aurons peut-être un million de diabétiques, donc cela concerne beaucoup de monde. Et dans le domaine qui est le mien, on envisage évidemment de réparer le cerveau ou la moelle épinière abîmés, abîmés par une maladie, par une hémorragie, une thrombose, ou tout simplement parce que l&#8217;on a ce que l&#8217;on appelle une maladie neuro-dégénérative, parmi lesquelles il y a le Parkinson,qui est bien connu. Et nous savons que, dans le Parkinson malheureusement, une partie du cerveau, une zone particulière que l&#8217;on appelle la substance noire, dégénère, meurt et les cellules de cette substance noire ne secrètent plus de la dopamine dont nous avons tous besoin pour ne pas trembler. Un des buts,c&#8217;est de greffer dans le cerveau des cellules souches qui vont remplacer ces cellules de la substance noire, qui vont resécréter de la dopamine et qui vont donc guérir le Parkinson à la source et non pas à l&#8217;arrivée avec les méthodes que nous avons actuellement pour empêcher le tremblement, soit par les médicaments qui compensent l&#8217;absence de dopamine, mais parfois avec des effets secondaires, soit par une opération. On met des électrodes dans le cerveau et on stimule, pour éviter le tremblement. Mais pendant ce temps-là, la maladie continue à évoluer, les cellules continuent à mourir et puis, un jour, vous n&#8217;avez plus assez de cellules au bout de l&#8217;électrode plus assez de cellules à stimuler, d&#8217;où l&#8217;intérêt de pouvoir réparer et remplacer.<br />
Une autre maladie qui est dans notre cible, c&#8217;est la maladie de Huntington qui est une maladie familiale, qui s&#8217;accompagne de mouvements tout à fait désordonnés, progressivement d&#8217;une démence et d&#8217;un décès avant soixante ans. Il n&#8217;y a pas de médicament, il n&#8217;y a pas de traitement, il n&#8217;y a rien. On espère donc pouvoir avoir une solution avec une greffe de cellules souches dans le cerveau. J&#8217;en reviens à la maladie d&#8217;Alzheimer, parce que cela reste évidemment quelque chose qui nous concerne tous aujourd&#8217;hui. Il est possiblequ&#8217;avec ces greffes de cellules souches, des cellules souches programmées non seulement pour devenir des cellules nerveuses,mais aussi pour sécréter le médiateur chimique nécessaire, que nous puissions avec des implants dans certaines zones bien précises du cerveau, rendre la mémoire aux malades qui souffrent de la maladie d&#8217;Alzheimer et qui ne reconnaissent plus leur famille, leurs proches, leur entourage. Donc, il y a là toute une série de défis importants, des solutions et ça, c&#8217;est un des grands défis.</p>
<p>-M.L. : Pour ce que vous venez de décrire, le politique intervient-il ?</p>
<p>-J.B. : Le politique intervient<br />
1°) sur le plan du financement de la recherche,<br />
2°) sur le plan éthique.<br />
Le politique n&#8217;intervient pas pour choisir le type de recherches que l&#8217;on va faire, mais le politique est obligé de baliser sur le plan éthique pour qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de dérives, pour que, par exemple, avec des greffes de cellules souches, l&#8217;on ne commence pas à greffer des enfants qui ont un retard mental,dans le but d&#8217;améliorer leur quotient intellectuel. Sur le plan politique,c&#8217;est fort important de pouvoir combiner, je dirais, des connaissances scientifiques et des compétences politiques. Nous, sur le plan politique, entout cas au Sénat en particulier, nous intervenons dans toutes les composantes éthiques de la recherche et de la médecine, par exemple, le don d&#8217;organes. A l&#8217;heure actuelle, nous avons un grand débat et des propositions de lois sur le don d&#8217;organes. Aujourd&#8217;hui, de plus en plus, on fait appel à un don d&#8217;organes de personnes vivantes. Vous avez des gens qui sont vivants, comme vous et moi, et qui peuvent faire un don d&#8217;un rein à un membre de leur famille ou à un tiers. Nous avons deux reins, donc pourquoi pas ? On peut aujourd&#8217;hui nous prendre un morceau de foie pour sauver l&#8217;un de nos enfants, parce que l&#8217;on n&#8217;a pas besoin de notre foie au complet et, par ailleurs, chez un enfant, vous ne mettrez jamais dans son ventre, le foie d&#8217;un adulte, ce ne sera qu&#8217;un morceau, donc tout cela se gère. On ne fait pas une greffe d&#8217;organes sans balises éthiques. Pour les donneurs d&#8217;organe décédés, on a évidemment légiféré sur la définition de la mort cérébrale, des conditions de prélèvement pour ce don d&#8217;organes, mais le problème est différent chez des personnes vivantes. Notre souci actuellement au senat est de définir les conditions du prélèvement d&#8217;organes  chez des êtres vivants, en particulier ceux qui n&#8217;ont peut-être plus toutes leurs capacités intellectuelles . Nous avons les incapables comme on les définit au sens large, qui sont des gens retardés mentaux, des jeunes qui n&#8217;ont pas la possibilité de donner leur avis.C&#8217;est très délicat, sur le plan éthique, de dire : « de toute façon, on va lui prendre un rein, ce n&#8217;est pas bien grave ». Ce serait tout simplement impensable ! Un jour, on pourrait peut-être avoir un raisonnement semblable pour des personnes âgées, puisque, aujourd&#8217;hui, l&#8217;âge,auquel  on peut prélever un organe et le greffer, cet âge ne fait que reculer et augmenter. Moi, j&#8217;y vois un danger important. Evidemment, on vit de plus en plus vieux, en bonne santé, donc, nous sommes tous des donneurs potentiels mais si un jour, nous perdons nos facultés et que nous ne pouvons plus dire oui ou non, qu&#8217;on est d&#8217;accord ou pasd&#8217;accord, on va venir nous prélever dans les maisons de repos, dans les asiles où nous serons !! Donc, ça, c&#8217;est le rôle du politique. En tout cas, au Sénat, l&#8217;essentiel, c&#8217;est de baliser sur le plan éthique pour que tout ça ne se produise jamais.</p>
<p>-M.L. : Professeur Brotchi, pour passer à tout autre chose : quel est l&#8217;état actuel des relations entre la Belgique et Israël au niveau universitaire ?<br />
Et - question liée - quel est, à ce propos, l&#8217;effet de la propagande anti-israélienne, fort présente en Belgique ?</p>
<p>-J.B. : Malheureusement, il n&#8217;y a pas d&#8217;accord politique officiel de coopération entre Israël et la Belgique. Il y a eu un accord, il y a une dizaine d&#8217;années, entre la Région Bruxelloise et l&#8217;Etat d&#8217;Israël. Cet accord a été dénoncé, suite à une majorité alternative, c&#8217;est-à-dire un changement dans les accords de la majorité et de l&#8217;opposition. Depuis, malgré tous les efforts déployés par moi-même, mais aussi par Viviane Teitelbaum, au Parlement bruxellois, nous ne sommes pas arrivés à revenir là-dessus. Et nous y arriverons d&#8217;autant moins que le Parlement bruxellois, à chaque élection, change et de par la démographie bruxelloise, comporte de plus en plus de parlementaires d&#8217;origine musulmane qui ne portent peut-être pas Israël dans leur cœur. Donc, c&#8217;est difficile mais cela n&#8217;empêche pas des collaborations personnelles et il y en a entre des services,entre des hôpitaux belges et des hôpitaux israéliens, entre des centres de recherche belges et des centres de recherche israéliens.  Rien ne nous interdit de le faire; enBelgique, nous sommes libres et ce sont des décisions personnelles, suite à des rencontres entre scientifiques israéliens et belges. Mais il n&#8217;y a pas de financement de l&#8217;Etat, ou de la Région. Donc, ces accords se font , mais dans tout accord de recherches, il y a le nerf de la guerre : il faut trouver de l&#8217;argent, donc, des sponsors et là est le problème. J&#8217;ai personnellement contribué,il y a une dizaine d&#8217;années, peut-être un peu moins, à un accord entre l&#8217;ULB et l&#8217;Université Hébraïque de Jérusalem, en matière de recherches dans les neurosciences. Cet accord a été signé par le président de l&#8217;Université Hébraïque de Jérusalem et par le recteur de l&#8217;ULB, qui, à l&#8217;époque, était le professeur Pierre de Maret. Les Amis Belges de l&#8217;Université Hébraïque de Jérusalem ont parrainé le tout. A l&#8217;époque, le président en était le sénateur Philippe Monfils et il a apposé sa signature sur ce document .Donc, cet accord existe, mais, faute de moyens, il n&#8217;a jamais été traduit dans des faits, excepté par des collaborations ponctuelles.<br />
En ce qui me concerne, j&#8217;ai collaboré avec l&#8217;Institut Weizmann en particulier sur un projet de greffe de cellules dans la moelle épinière, pour essayer de rendre la motricité à des paraplégiques. Je l&#8217;ai donc fait à l&#8217;Hôpital Erasme, avec des équipes  de recherches de l&#8217;Institut Weizmann et des neurochirurgiens de l&#8217;hôpital Tel Hashomer de TelAviv, sans aucune entrave, sans aucun problème ; mais le financement, j&#8217;ai dû le trouver, mais certainement pas au niveau de la politique scientifique officielle; mais j&#8217;ai trouvé ce financement. Donc, il est évident que rien n&#8217;empêche qu&#8217;il y ait des relations entre la Belgique et Israël au niveau universitaire, mais ces recherches ne sont pas financées officiellement par les pouvoirs politiques. La propagande anti-israélienne joue, mais je pense qu&#8217;elle ne joue pas au niveau des collaborations de recherches. Mais il ne faut pas se voiler la face, toutes les propagandes type «boycott d&#8217;Israël », ont un retentissement au niveau de la population, et parfois au niveau des chercheurs et peuvent amener à des hésitations à se lancer dans une collaboration. Mais je ne connais pas d&#8217;exemple précis où cette propagande anti-israélienne a empêché  un projet de recherche interuniversitaire de se créer. Cependant, je pense que nous devons en être conscients et il est possible que cela joue au niveau de personnes plus jeunes, peut-être qui connaissent moins les rouages ou les intérêts et qui peut-être seraient sensibles à ce genre de messages. En tout cas, moi, je n&#8217;ai pas connaissance que cela ait abouti sur le plan de la recherche.</p>
<p>-M.L. : Que peut-on (ou doit-on) faire, à votre avis, pour contrer l&#8217;antisémitisme qui touche actuellement les enfants juifs dans les écoles ?<br />
De même : que peut-on (ou doit-on) faire, à votre avis, pour contrer l&#8217;antisémitisme qui sévit actuellement chez tant de jeunes musulmans de notre pays (plus de 50 % d&#8217;après les résultats récents d&#8217;un chercheur universitaire néerlandophone) ?</p>
<p>-J.B. : Je pense qu&#8217;il faudrait introduire des cours de philosophie obligatoires pour tous les enfants, des cours de philosophie qui comprendraient un volet que l&#8217;on appellerait l&#8217;histoire des religions. Il y a beaucoup,beaucoup de réactions de rejets, que ce soit l&#8217;antisémitisme ou un rejet d&#8217;autres cultures, basées bien sûr sur une propagande, mais aussi sur une méconnaissance.<br />
Je pense qu&#8217;un enseignement qui explique les valeurs, le mode de pensée de telle ou telle religion, avec bien sûr une analyse philosophique à la clé, et non pas un cours donné dans un but de prosélytisme et de conversion et d&#8217;adhésion, je pense que cela pourrait être une formule qui permettrait aux enfants de comprendre que quelqu&#8217;un d&#8217;autre puisse penser autrement, mais que c&#8217;est tout à fait louable et logique, voire même intéressant, parfois, de lui poser des questions complémentaires, comme : « dis-moi, le professeur n&#8217;a-t-il pas dit ceci ou cela ? Pourrais-tu m&#8217;expliquer un peu plus ? ».  Se comprendre et se respecter, je crois que c&#8217;est à l&#8217;école qu&#8217;il faut l&#8217;apprendre et pas plus tard. Plus tard, c&#8217;est trop tard. Que peut-on, que doit-on faire pour contrer l&#8217;antisémitisme qui sévit actuellement chez les jeunes musulmans de notre pays, plus de 50% d&#8217;après les évaluations ? C&#8217;est un énorme problème. C&#8217;est un énorme problème parce qu&#8217;il y a une intoxication volontaire qui est faite par les imams dans les mosquées. On a toujours dit qu&#8217;en Belgique, il y avait séparation entre la religion et le pouvoir politique ; mais je pense qu&#8217;à l&#8217;heure actuelle, ce qui se passe dans les mosquées ne respecte pas cette séparation et il y a là une intoxication mensongère, avec une propagande qui pousse à la haine et qui pousse aussi à l&#8217;antisémitisme. Et malheureusement, la population musulmane ne fera que croître dans les années qui viennent. Ce n&#8217;est pas pour cela que tous les musulmans sont antisémites ou sont même anti-israéliens. Personnellement, j&#8217;ai l&#8217;occasion de parler, de former des élèves neurochirurgiens musulmans. Je ne veux pas être naïf dans mes pensées, mais il n&#8217;empêche qu&#8217;il y a quand même une ouverture d&#8217;esprit qui existe dans la population musulmane. Malheureusement, ce n&#8217;est pas la majorité, malheureusement, ils sont intoxiqués par ces mollahs, par ces imams, qui viennent prêcher la violence, qui viennent prêcher la désobéissance. Vous avez remarqué que nous avons un problème de respect de nos lois, de respect de la loi belge. Nous n&#8217;aurions pas de problème avec tous les émigrés s&#8217;ils se sentaient belges et qu&#8217;ils s&#8217;intégraient, comme l&#8217;ont fait les émigrés juifs, comme l&#8217;ont fait les émigrés italiens, comme l&#8217;ont fait tous les émigrés. Ici, nous avons affaire à une situation différente et compte tenu du fait que la population musulmane va augmenter lentement, mais progressivementau fil des années, je suis inquiet si on n&#8217;arrive pas à contrer cette influence qui passe à travers les mosquées. Je vois que suite à cela, il y a des comportements qui déteignent dans le monde universitaire, qui déteignent à l&#8217;ULB. L&#8217;université est, par définition, le lieu universaliste où les jeunes viennent de milieux différents, de cultures différentes. C&#8217;est vraiment ce qu&#8217;on appelle la multiculturalité qui leur apprendra à se connaître, à se respecter et à vivre ensemble. Et aujourd&#8217;hui, je ne sens pas, malheureusement, du côté de la communauté musulmane, ce désir de vivre ensemble et cela m&#8217;inquiète. Mais peut-être allons-nous avoir la chance, dans les années qui viennent, d&#8217;avoir des leaders, des penseurs musulmans, qui vont influencer correctement leur jeunesse. C&#8217;est ce que je peux souhaiter; mais, à l&#8217;heure actuelle, nous avons un problème qui est dû, je le répète, à cette intoxication à partir des discours qui sont délivrés dans les mosquées.</p>
<p>-M.L. : Suite à la remise du Prix Scopus qui vous a été décerné en novembre2009, vous avez affirmé que « la science est incontestablement l&#8217;un des vecteurs de la paix »<br />
Pouvez-vous développer cette affirmation pour nos lecteurs ?</p>
<p>-J.B. : cette question concerne une affirmation que j&#8217;avais émise, en novembre 2009, quand j&#8217;ai reçu le Prix Scopus où j&#8217;avais dit « La science est incontestablement l&#8217;un des vecteurs de paix ». Prenons un exemple, il y a des accords de coopération entre des équipes de chercheurs de l&#8217;Université Hébraïque de Jérusalem et de l&#8217;Université Palestinienne al-Qods . Il y a eu des accords qui ont été signés par les recteurs des deux universités dont un, il ya quatre ou cinq ans, a été signé à Londres entre le recteur de l&#8217;UniversitéHébraïque de Jérusalem et le recteur de l&#8217;Université al-Qods. La recherche, la santé d&#8217;ailleurs, sont des vecteurs de paix. A l&#8217;heure actuelle, du côté israélien, il se passe énormément de choses positives qui pourraient contribuer à la paix si c&#8217;était un peu plus médiatisé. Par exemple, il y a à l&#8217;Université Hébraïque de Jérusalem un service de chirurgie cardiaque pédiatrique où les enfants palestiniens, sont les bienvenus, et sont opérés gratuitement. Il y a beaucoup de malformations cardiaques chez les nouveaux-nés palestiniens.Il faut évidemment trouver de l&#8217;argent. Il y a une association qui s&#8217;appelle« Un cœur pour la Paix » qui a son siège en France et qui récolte de l&#8217;argent et travaille en accord avec Jérusalem. Mais l&#8217;Université Hébraïque participe aussi à la couverture des frais, donc c&#8217;est vraiment un JointVenture à eux deux et il y a, tous les mois, des enfants palestiniens qui sont opérés à l&#8217;hôpital Hadassah. Parmi les enfants palestiniens opérés, la moitié viennent de Gaza, il n&#8217;y a donc aucun problème pour passer et venir de Gaza avec une antenne médicalisée parce qu&#8217;il faut opérer en urgence. Ce sont des choses qui se passent mais dont on parle peu ou pas. D&#8217;autre part, les parents palestiniens dont on a sauvé l&#8217;enfant, voient quand même Israël autrement.<br />
Je crois que la recherche, la santé peuvent contribuer à un monde meilleur et peuvent aider à ce que les gens se connaissent mieux. Ce que je voulais dire, quand j&#8217;ai reçu le Prix Scopus. C&#8217;est également mon expérience personnelle. Pendant quatre années, j&#8217;ai présidé toute la neurochirurgie mondiale, ce qui m&#8217;a amené à voyager dans beaucoup de pays, y compris les pays arabes  J&#8217;ai toujours dit que j&#8217;étais juif et que j&#8217;avais de la famille à Tel-Aviv pour schématiser, avant d&#8217;obtenir mon visa pour aller en Arabe Saoudite ou au Pakistan par exemple, ou même en Iran. Je ne voulais pas qu&#8217;on le découvre quand j&#8217;étais sur place. Je n&#8217;ai jamais eu aucun problème pour aller dans tous ces pays. Je suis allé enIran avant d&#8217;être président mondial, mais durant ma présidence, malheureusement, le président iranien était déjà celui qui est en place aujourd&#8217;hui, M. Ahmadinejad, et qui est un fou qui veut la destruction d&#8217;Israël et je n&#8217;ai jamais voulu prendre le risque de devoir le rencontrer. Donc, malheureusement pour mes collègues neurochirurgiens iraniens, j&#8217;ai refusé d&#8217;aller en Iran pendant ma présidence et j&#8217;ai dit pourquoi : je ne voulais pas cautionner quelqu&#8217;un d&#8217;infréquentable en allant dans un pays avec une casquette officielle comme celle que j&#8217;avais à ce moment-là. On pouvait imaginer, par exemple, qu&#8217;on aurait pu venir me chercher avec une belle limousine à l&#8217;hôtel et m&#8217;amener alors à rencontrer le président, chef de l&#8217;Etat. Et au moment où je l&#8217;aurais rencontré, la télévision pouvait être là pour faire des prises de vue quand il m&#8217;aurait donné la main&#8230; Rien qu&#8217;à penser à cela, j&#8217;ai dit :« je n&#8217;y vais pas ». Ce qui ne m&#8217;a pas empêché de travailler en faveur de la paix, entre neurochirurgiens iraniens et neurochirurgiens israéliens. Et pas plus tard qu&#8217;en septembre dernier, nous avons eu notre congrès mondial de neurochirurgie à Recife, au Brésil. Une session était organisée avec comme thème : les leçons qu&#8217;on a pu tirer des blessures de guerre. Et parmi le panel des orateurs, il y avait un neurochirurgien israélien, mais aussi un neurochirurgien iranien. Ils ont accepté tous les deux d&#8217;être dans le panel et moi, je le présidais. J&#8217;ai d&#8217;abord passé la parole à l&#8217;un, puis j&#8217;ai passé la parole à l&#8217;autre, puis j&#8217;ai posé des questions à l&#8217;un, puis j&#8217;ai posé des questions à l&#8217;autre. Et qu&#8217;est-ce qui s&#8217;est passé ? Au début, l&#8217;Iranien, auquel j&#8217;ai donné la parole le premier, pour qu&#8217;on ne me suspecte pas de favoritisme, m&#8217;a répondu et quand il a eu fini de répondre, il a déposé le micro sur la table et il est allé se rasseoir. J&#8217;ai demandé à  l&#8217;Israélien ce qu&#8217;il en pensait. Il s&#8217;est levé, il a pris le micro, il a parlé et puis, il l&#8217;a déposé à l&#8217;endroit où il l&#8217;avait pris. Moi, j&#8217;ai posé une deuxième question, puis une troisième. A la troisième question, l&#8217;Iranien répond comme aux précédentes questions mais quand il a fini, je ne le laisse pas déposer le micro sur la table, je lui dis « Voulez-vous bien donner le micro à votre collègue israélien ? » et il le lui a donné. Et à ce moment-là, toute la salle a applaudi. Et pour terminer, j&#8217;ai une photo avec les deux. Et ils sont partis en parlant ensemble et je les ai laissés discuter ensemble. Ce n&#8217;est pas pour cela que l&#8217;Iran ne va pas attaquer Israël, ou Israël ne va pas attaquer l&#8217;Iran, mais je crois que les relations personnelles peuvent contribuer à la paix. Le fait de se parler, le fait d&#8217;avoir des relations entre scientifiques est fort important et cela existe et je puis vous dire que j&#8217;ai eu l&#8217;occasion dans ma vie professionnelle de neurochirurgien, de mettre en contact, non pas en cachette mais officiellement, des neurochirurgiens israéliens avec leurs homologues de toute une série de pays arabes. Un de mes souvenirs importants, je me souviens, se situe au début de mon mandat de président de la neurochirurgie mondiale, quand j&#8217;essayais que les Saoudiens et les Israéliens ne se tournent pas le dos et acceptent de parler à la même séance. A la fin de mon mandat, ils s&#8217;asseyaient ensemble aux congrès avec leur plateau-repas pour le lunch entre les sessions scientifiques. Avant, ils ne se seraient jamais assis, ils auraient été s&#8217;asseoir ailleurs et maintenant les neurochirurgiens israéliens et les neurochirurgiens d&#8217;Arabie Saoudite s&#8217;assoient, se parlent, avant cela n&#8217;existait qu&#8217;avec lesEgyptiens et les Jordaniens. Je suis arrivé à l&#8217;élargir dans mon petit monde de la neurochirurgie, mais je crois qu&#8217;il faut investir dans ce sens-là. Je pense que cela peut permettre une meilleure compréhension mutuelle. Mais il faut rester modeste : ce n&#8217;est pas pour cela que, tout d&#8217;un coup, il va y avoir signature de traités de paix. Cependant, pour le futur, c&#8217;est important. C&#8217;est important que les gens puissent dire : « je connais quelqu&#8217;un » , à la limite :  « c&#8217;est devenu un ami »,  et voir les élèves de l&#8217;un respectant les élèves de l&#8217;autre. Et c&#8217;est comme cela que finalement, on peut l&#8217;espérer, cela pourrait faire un petit peu tache d&#8217;huile, à partir d&#8217;un cas particulier.</p>
<p>Donc,pour moi, je reste convaincu que la science est un vecteur de paix !</p>
<p>-M.L. : Professeur Brotchi, je vous remercie infiniment, vos propos sont absolument passionnants. Et j&#8217;espère un jour revenir avec d&#8217;autres questions et constater que les choses ont progressé.</p>
<p>-J.B. : Avec plaisir.</p>
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		<title>Nouvelles interviews</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 16:49:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>consistoire</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[Chers lecteurs,
Vous trouverez dans la rubrique &#8220;Nouvelles&#8221; de notre site, de nouvelles interviews,notamment
- de Maître Nathan Weinstock, à propos de son récent ouvrage « Terre promise, trop promise - Genèse du conflit israélo-palestinien (1882 - 1948)  » paru en septembre 2011 aux Editions Odile Jacob
- du Grand Rabbin Albert Guigui à propos de ses livres sur le judaïsme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chers lecteurs,</p>
<p>Vous trouverez dans la rubrique &#8220;Nouvelles&#8221; de notre site, de nouvelles interviews,notamment</p>
<p>- de Maître Nathan Weinstock, à propos de son récent ouvrage « Terre promise, trop promise - Genèse du conflit israélo-palestinien (1882 - 1948)  » paru en septembre 2011 aux Editions Odile Jacob</p>
<p>- du Grand Rabbin Albert Guigui à propos de ses livres sur le judaïsme parus aux Editions Racine</p>
<p>- du Professeur Jacques Brotchi, qui nous livre sa vision sur les progrès de la neurochirurgie et sur ses combats politiques</p>
<p>-de Viviane Teitelbaum, entre autres sur les problèmes d&#8217;antisémitisme dans notre pays</p>
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		<title>Interview, par Michel Laub, de Maître Nathan Weinstock à propos de son récent ouvrage « Terre promise, trop promise – Genèse du conflit israélo-palestinien (1882 – 1948)  » paru en septembre 2011 aux Editions Odile Jacob</title>
		<link>http://www.jewishcom.be/wordpress/2011/11/02/interview-par-michel-laub-de-maitre-nathan-weinstock-a-propos-de-son-recent-ouvrage-%c2%ab-terre-promise-trop-promise-%e2%80%93-genese-du-conflit-israelo-palestinien-1882-%e2%80%93-1948-%c2%bb-p/</link>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 16:43:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>consistoire</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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- M.L. : Nathan Weinstock, dans la préface de votre livre, vous écrivez :
C&#8217;est ainsi que j&#8217;ai été amené à publier en 1969 « Le Sionisme contre Israël », suivi en 1970 du « Mouvement révolutionnaire arabe », un gros pavé bourré de conclusions simplistes et abusives, qui a longtemps servi de réserve de munitions à la gauche antisioniste, au point [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="center">
<p>- M.L. : Nathan Weinstock, dans la préface de votre livre, vous écrivez :</p>
<p><em>C&#8217;est ainsi que j&#8217;ai été amené à publier en 1969 « Le Sionisme contre Israël », suivi en 1970 du « Mouvement révolutionnaire arabe », un gros pavé bourré de conclusions simplistes et abusives, qui a longtemps servi de réserve de munitions à la gauche antisioniste, au point de devenir une véritable bible de la propagande anti-israélienne. C&#8217;était au lendemain de Mai 68. J&#8217;étais subjugué à l&#8217;époque par le trotskisme et je m&#8217;appliquais en conséquence, en parfait doctrinaire, non pas à analyser les faits mais à les canaliser mentalement en fonction de mes schémas prémâchés et réducteurs.</em></p>
<p>Pouvez-vous éclairer nos lecteurs en donnant les éléments principaux qui vous ont amené à revoir vos convictions d&#8217;antan et à exposer aujourd&#8217;hui, dans ce nouveau livre, une analyse qui nous semble infiniment plus poussée de l&#8217;historique de ce douloureux conflit du Moyen-Orient ?</p>
<p>-       N.W. :  Je crois que je puis affirmer que j&#8217;ai été pratiquement le premier, dans le monde francophone, à prendre des positions pro-palestiniennes. J&#8217;ai écrit des articles dans la revue de François Maspero en 1964 ; à l&#8217;époque où personne, sauf erreur de ma part, ne se préoccupait des Palestiniens. Et je l&#8217;ai fait, parce que j&#8217;avais le sentiment qu&#8217;ils étaient victimes d&#8217;une injustice et je le crois encore toujours.</p>
<p>La question est de savoir quelles sont les causes profondes de cette   injustice, c&#8217;est évidemment là que j&#8217;ai fort évolué sur l&#8217;appréciation et que  je suis devenu beaucoup plus nuancé.</p>
<p>Ce qui me heurtait aussi, c&#8217;était la position israélienne de l&#8217;époque,  simpliste et donc injuste, qui disait que tout était la faute des  Palestiniens qui « étaient partis par eux-mêmes, parce que leurs chefs  leur avaient demandé de partir » ; les choses  ont été beaucoup plus  nuancées, comme je l&#8217;ai écrit dans mon livre et il y a eu également des  cas de réelles expulsions.</p>
<p>C&#8217;est par rapport à tout cela que  je trouvais que je devais prendre une position qui me paraissait juste et que je devais défendre la cause  des Palestiniens. J&#8217;étais à l&#8217;époque en liaison avec un mouvement israélien antisioniste, dissous par la suite, qui s&#8217;appelait « Matzpen », ce qui veut dire « la boussole », qui était d&#8217;extrême-gauche et qui défendait, en gros, les mêmes positions.</p>
<p>En fait, ce qui m&#8217;a fait évoluer, et ce n&#8217;était pas au moment-même mais après coup, en réfléchissant à la chose, c&#8217;est que  juste quelques jours avant la guerre de 1967, j&#8217;étais à Paris où j&#8217;ai apporté le salut du groupe Matzpen à une réunion de la <em>Gups</em> <em>(General Union of Palestinian Students</em>) pour leur dire qu&#8217;il y avait des Israéliens qui soutenaient leurs droits. En fait, ce qui m&#8217;avait consterné à l&#8217;époque, et je m&#8217;en suis rendu compte bien après, c&#8217;est que personne n&#8217;avait prêté la moindre attention à ce que je disais et surtout pas au fait qu&#8217;il y avait un groupe d&#8217;Israéliens qui existait, qui s&#8217;intéressait à eux et qui soutenait les droits des Palestiniens. La seule chose qui intéressait les gens présents dans la salle, c&#8217;était d&#8217;écouter leurs récepteurs de radio, pendant la conférence, pour entendre Choukeiry annoncer qu&#8217;on allait jeter les Juifs à la mer. J&#8217;ai donc sérieusement commencé à m&#8217;interroger. Comment se faisait-il qu&#8217;il n&#8217;y avait aucun intérêt pour une alliance avec les Juifs qui habitaient la même région ? Et c&#8217;est cela qui a amorcé chez moi une réflexion. Je me suis rendu compte que l&#8217;on peut avoir des  revendications justes et, en même temps, être profondément injuste dans sa façon de vouloir les mettre en œuvre. C&#8217;est à ce moment-là, je crois, que j&#8217;ai commencé à évoluer, à être un peu plus nuancé.</p>
<p>Je voudrais peut-être ajouter que s&#8217;agissant du sionisme, en tant que ses objectifs de rassembler les Juifs sur la terre d&#8217;Israël, ce qui m&#8217;a fait basculer aussi et revoir mes positions, c&#8217;est la situation dramatique qui était celle des Falashas, donc les Juifs d&#8217;Ethiopie. C&#8217;est à l&#8217;occasion des opérations menées pour les sauver, que je me suis rendu compte qu&#8217;on ne pouvait pas dire que le sionisme avait fait son temps : il y avait une réelle nécessité de trouver un foyer, un refuge et un avenir pour ces populations juives persécutées et cela aussi m&#8217;a fait changer d&#8217;opinion.</p>
<p>S&#8217;agissant des réfugiés palestiniens, je voudrais faire deux autres remarques : la première, c&#8217;est qu&#8217;en réalité, en Palestine, le problème des réfugiés commence à se poser à partir de 1921 parce que c&#8217;est à ce moment-là qu&#8217;à Jaffa, on chasse deux à trois mille Juifs, qui sont allés se réfugier, sous tente, à Tel Aviv. Ce sont très exactement les premiers réfugiés palestiniens à ce moment-là et cela a eu une conséquence : c&#8217;est à partir de ce moment-là, qu&#8217;on constate qu&#8217;il y a de plus en plus une tendance juive et arabe à se concentrer dans des endroits ethniquement homogènes. Il y a donc une partition de fait qui commence déjà à se traduire dans la réalité par suite précisément de ces mouvements haineux vis-à-vis de la population juive en Palestine. Ceci s&#8217;est surtout accentué pendant la période autour de 1947. On oublie généralement que la guerre de 1948 a commencé en 1947, immédiatement après le vote de l&#8217;O.N.U. sur la partition. Il y a eu des attaques coordonnées, systématiques et incessantes contre toutes les agglomérations juives, contre toutes les voies de communication, avec le but évident d&#8217;extirper la population juive et qui ont eu comme conséquence 70.000 à 75.000 réfugiés juifs de Palestine. Ceci avant que l&#8217;on ne parle des réfugiés arabes. Cela paraît un petit nombre, mais c&#8217;est plus de 10% de la population juive de Palestine de l&#8217;époque. Bien sûr, comparé au fait qu&#8217;il y a eu quelque 70 % de la population palestinienne qui a été réduite à l&#8217;état de réfugiés, cela ne fait pas le poids dira-t-on. Mais enfin, c&#8217;est dans un enchaînement de causes à effets pour ce qui concerne les réfugiés palestiniens, sans vouloir entrer en détails dans la question, ce que je fais dans mon livre. Il y a eu plusieurs phases : une première phase, où ce sont des gens qui se réfugient à l&#8217;étranger ou ailleurs parce que la situation se dégrade, avec l&#8217;idée de revenir tout de suite après, en n&#8217;imaginant pas un seul instant q&#8217;ils ne retrouveraient pas leurs foyers. Il y a ensuite un mouvement de panique parce que tous les dirigeants arabes, toute l&#8217;élite communautaire, avaient fui et que la population se trouvait en quelque sorte décapitée et puis, il y a eu les effets de la guerre et bien entendu, il y a eu des expulsions, mais seulement à la fin du processus et en petit nombre. Ces expulsions ne faisaient d&#8217;ailleurs pas partie d&#8217;une politique délibérée, ou imaginée au préalable. C&#8217;est dû à certains facteurs, tels que le fait, par exemple, qu&#8217;à Ramleh, lorsque l&#8217;armée (la Haganah) a investi l&#8217;agglomération, il y a eu, à un moment donné, des tirs sur l&#8217;armée en provenance des fenêtres, ce qui a donné l&#8217;impression que toute la population était une espèce de cinquième colonne.</p>
<p>Mais il faut voir les choses dans leurs perspectives générales.</p>
<p>- M.L. : Vous vous êtes donc finalement décidé à écrire ce livre pour préciser les choses, pour raconter ce qui s&#8217;est réellement passé, dans le détail &#8230;</p>
<p>- N.W. :  En fait, si je me suis décidé à écrire ce livre, c&#8217;est parce que je me suis rendu compte qu&#8217;il régnait une ignorance proprement stupéfiante sur les éléments de base du conflit israélo-palestinien, de tous côtés d&#8217;ailleurs, autant parmi les sympathisants d&#8217;Israël que parmi ceux qui soutiennent la cause palestinienne. En général, on ignore le fait que le mouvement national palestinien existe depuis plus de 100 ans. On  peut fixer sa fondation en 1908 au moment où a été créé le journal « Palestine » et justement le fait de créer un journal qui porte le nom Palestine était l&#8217;indication, déjà, d&#8217;une prise de conscience et signifie en fait pas mal de choses. D&#8217;abord, qu&#8217;il est absolument absurde de soutenir que la reconnaissance de la création d&#8217;Israël est due au fait qu&#8217;il y avait une culpabilité par rapport à la Shoah. Cet élément a peut-être contribué, mais comme on le voit, le problème palestinien existait déjà au début du siècle passé. Cela signifie aussi, pour les mêmes raisons, que  ce n&#8217;est pas la déclaration de Balfour qui a fait naître le conflit israélo-palestinien, puisque précisément le mouvement palestinien existait déjà auparavant ; et il existait sous quelle forme ? Comme réaction contre une prise de conscience nationale du <em>Yishouv</em>, c&#8217;est-à-dire de la communauté juive existante dans la Palestine historique, autrement dit les Israéliens. Et là, je crois que nous souffrons tous, dans une certaine mesure d&#8217;un défaut de vision, d&#8217;une erreur d&#8217;optique, dus au fait qu&#8217;il y a un soutien très fort  dans la population juive, ou le mouvement sioniste, qui a induit une vision des choses quelque peu faussée. En réalité, la vision sioniste qui a dominé la question israélo-palestinienne a plusieurs composantes, dont l&#8217;une est plutôt anti-sépharade, parce que l&#8217;on méprisait assez fort le <em>Yishouv</em> dans la mesure où il avait une majorité sépharade, et une autre assez antireligieuse, le <em>Yichouv</em> étant principalement composé de traditionalistes.  Par opposition, on a valorisé le pionnier sioniste, qui représentait un idéal nouveau. En réalité, on doit bien se rendre compte que la nation israélienne est issue, avant tout, précisément du <em>Yichouv</em> tel qu&#8217;il était. Bien sûr, il y a eu le stimulant, qui est incontestable, de la <em>Première</em> <em>Alyah</em> et ensuite du sionisme, mais à la base, il s&#8217;agit avant tout de la population qui existait sur place ! Et celle-là, on a tendance à la déconsidérer de tous côtés. Du côté palestinien, bien entendu, puisqu&#8217;on voudrait faire croire qu&#8217;il n&#8217;y a eu de population juive que depuis ce qu&#8217;ils considèrent comme une <em>invasion sioniste</em>. Or que nous enseigne l&#8217;Histoire ? D&#8217;abord, qu&#8217;il y a toujours eu des Juifs en Palestine, même à l&#8217;époque des plus grandes persécutions et, en partie d&#8217;ailleurs, grâce aux musulmans, puisque c&#8217;est tout de même l&#8217;invasion musulmane qui a entraîné la chute de l&#8217;Empire byzantin sur le territoire du Proche-Orient et qui a permis aux juifs de revenir à Jérusalem. De même, c&#8217;est Saladin qui a de nouveau renforcé la position juive après les massacres des Croisades et, depuis lors, il y a eu périodiquement et systématiquement des vagues d&#8217;immigration juive du monde entier, aussi bien du Proche-Orient, que d&#8217;Afrique du Nord ou d&#8217;Europe, qui sont venues, chaque fois, renforcer le judaïsme local. Une des plus  importantes, a lieu en l&#8217;an 1700, où un groupe, mené surtout, semble-t-il, par des sympathisants du <em>sabbataïsme</em>, viennent, à 1500 personnes, s&#8217;installer à Jérusalem. C&#8217;est de là que date la première synagogue <em>Khourva</em> (qui signifie « la ruine », nom choisi parce qu&#8217;elle a été détruite).</p>
<p>Il y a donc une population juive en croissance constante sur le territoire historique d&#8217;<em>Eretz Israël </em>ou de Judéo-Palestine, comme on veut l&#8217;appeler. Et c&#8217;est tellement vrai que vers le milieu du  XIX<sup>e</sup> siècle, en 1850, il y a une majorité juive à Jérusalem,. Il y a plus de Juifs qu&#8217;il n&#8217;y a de musulmans et de chrétiens combinés. On voit donc que la présence juive en « Terre Sainte » n&#8217;a absolument rien d&#8217;artificiel et n&#8217;est en rien une invasion !</p>
<p>Si on voulait faire une comparaison historique, il faudrait plutôt mettre cette situation en parallèle avec le mouvement « Back to Africa », celui des esclaves noirs émancipés qui sont retournés en Afrique, par exemple au Liberia,  à Libreville (au Gabon) ou à Freetown (au Sierra L.). On remarque d&#8217;ailleurs que ces noms reprennent l&#8217;idée-même de liberté. Pensons à l&#8217;hymne du sionisme, qui est aussi devenu celui de l&#8217;Etat d&#8217;Israël, l&#8217;<em>Hatikvah</em>, dont le sens est précisément :  <em>l&#8217;Iheyot Am Khofshi Be Artzenou </em>, c&#8217;est-à-dire « D&#8217;être un peuple libre dans notre propre pays ». Il y a là une convergence tout à fait manifeste.</p>
<p>Donc l&#8217;idée de voir dans le sionisme une espèce de colonialisme est une idée fausse due à des simplifications d&#8217;ordre politique, mais qui ne correspondent pas aux réalités historiques.</p>
<p>Par contre, ce qui est exact, c&#8217;est que les Palestiniens arabes, eux, ont très vite pris le mouvement sioniste en grippe. Pourquoi ? Il y a eu, incontestablement des maladresses et des injustices, dans le processus de l&#8217;agriculture notamment. C&#8217;est incontestable. Mais la vraie raison est autre. La vraie raison est exposée vers 1911 par l&#8217;un des premiers dirigeants palestiniens, le vice gouverneur de Nazareth, lorsqu&#8217;il dit : « Ces juifs ont leurs propres organisations, leurs propres banques, leurs propres écoles. Ils ont leur propre drapeau. Ils s&#8217;arment. » Bref, ce qu&#8217;il est en train d&#8217;expliquer, c&#8217;est qu&#8217;il y a une minorité nationale qui s&#8217;organise - qui s&#8217;auto-organise - comme minorité. Ce langage pourrait être celui de n&#8217;importe quelle nation majoritaire qui rejette sa minorité, comme par exemple celui d&#8217;Autrichiens s&#8217;exprimant contre la minorité hongroise dans l&#8217;Autriche-Hongrie d&#8217;antan : c&#8217;est exactement la même attitude. Et ce qu&#8217;il faut souligner, c&#8217;est donc que le mouvement israélien naissant, proto-israélien si on veut, est déjà à cette époque un mouvement national. C&#8217;est cela qui n&#8217;a pas été supporté, de la même façon qu&#8217;au Proche-Orient, on n&#8217;a supporté aucun nationalisme dissident. Qu&#8217;il s&#8217;agisse des Arméniens qui ont été exterminés, des Grecs que l&#8217;on a expulsés ou des Kurdes aujourd&#8217;hui. Et les Juifs se trouvent effectivement dans la même situation, dans la mesure où ils ont des revendications nationales.</p>
<p>C&#8217;est surtout cela que j&#8217;ai voulu souligner dans mon livre. Il y a donc des erreurs d&#8217;optique, ce qui n&#8217;empêche pas qu&#8217;il y ait des éléments tout à fait valables dans l&#8217;argumentation des Palestiniens sur certains points. Il ne faut pas être sectaire mais je crois qu&#8217;il faut voir la question dans son cadre général.</p>
<p>Alors ce mouvement national palestinien, le fait qu&#8217;il ait existé, signifie aussi qu&#8217;il faut changer d&#8217;optique sur la question précisément des Arabes palestiniens. On a tendance à considérer les Arabes palestiniens comme les éternelle victimes de l&#8217;histoire. Mais je crois qu&#8217;il faut adresser aux Palestiniens la même observation que celle qui avait été formulée, en son temps, par l&#8217;historien du judaïsme Salo Baron, par rapport à l&#8217;histoire juive, disant qu&#8217;on ne peut pas se contenter d&#8217;une vision lacrymale de l&#8217;histoire juive, une vision fondée uniquement sur les lamentations, suite aux persécutions. Cela vaut également totalement pour la question palestinienne, sans vouloir nier ou minimiser les souffrances du peuple palestinien. Il faut voir aussi comment ces souffrances ont eu lieu. Depuis la naissance du mouvement national palestinien, il y a eu quelques dirigeants arabes palestiniens de qualité.  Certains, parmi les premiers d&#8217;entre eux, étaient de hauts personnages dans l&#8217;Empire Ottoman, qui avaient été parfois gouverneurs dans des régions éloignées, justement en raison de leurs compétences, de leur qualifications et de leur formations. Souvent, il s&#8217;agissait d&#8217;universitaires.</p>
<p>Or, que constate-t-on ? C&#8217;est qu&#8217;en 1914, par exemple, les futurs dirigeants du mouvement palestinien, sont d&#8217;une part, le futur mufti de Jérusalem et d&#8217;autre part, le futur sheik Kassem, celui que glorifie le Hamas (dans ses attaques au nom des unités Kassem). Tous les deux se portent volontaires sous le drapeau ottoman, ce qui implique qu&#8217;ils se rallient à l&#8217;oppression turque. Ne leur jetons cependant pas trop la pierre, puisque Ben Gourion a fait la même chose. Il souhaitait aussi créer une armée juive pour soutenir les Ottomans, en se disant : « Si on rend service aux Ottomans, ils vont favoriser nos propres projets ». Mais donc les Palestiniens ne peuvent pas dire qu&#8217;ils se sont trouvés sous le régime ottoman par les vicissitudes de l&#8217;histoire. Ils l&#8217;ont aussi cherché et approuvé. De la même façon, trois ans plus tard, le mufti de Jérusalem se fait le sergent recruteur des Britanniques, qui vont venir jouer un rôle important au Proche-Orient. Il prétend avoir, à lui seul, fait engager environ 2.000 soldats palestiniens,  arabes palestiniens, sous le drapeau des Hachémites de l&#8217;époque. Il a peut-être exagéré les chiffres, mais la réalité de son intervention et le fait qu&#8217;il travaillait pour les services secrets britanniques sont tout à fait établis. Mais il est vrai que Ben Gourion, Jabotinski et Trumpeldor, eux aussi, créent des légions pour soutenir les Britanniques.</p>
<p>Mais ce que j&#8217;en déduis, c&#8217;est que les Palestiniens ne peuvent pas soutenir que la présence  britannique leur a été imposée, que c&#8217;est un malheur qui s&#8217;est abattu sur eux, de façon aveugle. Non. Ils l&#8217;ont cherché, et ils ont eu les Britanniques. Et en 1919, lorsque le dirigeant du mouvement national arabe, qui est à ce moment-là, Fayçal, signe un accord avec Weizman par lequel il accepte et approuve le projet sioniste en Eretz Israël, et bien, à ce moment-là, pendant plusieurs mois, on n&#8217;entend pas un seul dirigeant arabe palestinien protester ou élever la voix. Et « qui ne dit mot, consent ». Donc là aussi, les Palestiniens ont fait, eux-mêmes, leur histoire.</p>
<p>Et on pourrait ainsi continuer. Dans les années &#8216;20, on arrive aux fameux pogroms, manière choisie pour s&#8217;opposer au projet sioniste, et qui étaient d&#8217;autant plus absurdes - et je laisse même de côté toute considération morale - que ces pogroms visaient en fait la population la plus religieuse d&#8217;Eretz Israël, celle-là-même qui avait, à l&#8217;époque, le moins de sympathie pour le sionisme. Il y avait même une fraction du mouvement ultra-religieux juif qui était, en fait, prête à s&#8217;allier avec les Arabes contre le mouvement sioniste ! Au lieu de cela, on les a massacrés et, par la force des choses, rejetés dans le camp sioniste. Donc là encore, il y a une responsabilité palestinienne énorme.</p>
<p>Et enfin, si l&#8217;on prend les années &#8216;30 : en ce qui concerne le grand soulèvement qui a suivi la grève de 1936, il faut bien dire qu&#8217;à ce moment-là, c&#8217;est le mufti de Jérusalem qui a tout fait pour casser le mouvement ; il est même allé jusqu&#8217;à dénoncer les organisateurs de la grève aux Britanniques !</p>
<p>De la même façon, qu&#8217;il a, par la suite, empêché tous ceux qui étaient à son service comme salariés des instances religieuses, dont il était le responsable, de faire grève. Il y a donc duplicité de sa part. Tout cela, avant même qu&#8217;il ne se jette carrément dans le camp nazi. Cela aussi, c&#8217;est une responsabilité palestinienne. Et ce que l&#8217;on va voir en 1947-1948, c&#8217;est que les Palestiniens suivent une politique qui est tout à fait démente. Ils refusent de se présenter devant les Nations Unies, même pour défendre leur propre cause, et refusent non seulement le partage d&#8217;Israël en un Etat juif et un Etat arabe, ce que l&#8217;on peut encore comprendre de leur point de vue, mais ils refusent également un Etat binational, ce qu&#8217;une partie de l&#8217;ONU soutenait comme projet, projet qui, à l&#8217;époque trouvait des appuis au sein du Yichouv également. Ils refusent même, ce qui est encore plus invraisemblable, la position de la Ligue Arabe, qui voulait un Etat arabe en Palestine, mais avec le droit pour les juifs d&#8217;utiliser l&#8217;hébreu et d&#8217;exercer leur religion.</p>
<p>Pour le mufti, il fallait tout simplement jeter les juifs à la mer. Et les nationalistes palestiniens arabes se sont tous ralliés au mufti. Quasiment personne n&#8217;a osé élever la voix contre lui et ceux qui l&#8217;ont fait  ont été proprement liquidés par ses hommes de main.</p>
<p>Il y a donc là aussi une responsabilité qui se concrétise et s&#8217;illustre par le fait qu&#8217;en 1947, rien n&#8217;est fait du côté palestinien pour préparer l&#8217;Etat qu&#8217;ils disaient, par ailleurs, appeler de leurs vœux.  Il n&#8217;y a aucune formation d&#8217;un ministère, d&#8217;un gouvernement provisoire, d&#8217;une autorité provisoire, d&#8217;un parlement palestinien, bref, de quoi que ce soit. Ce n&#8217;est qu&#8217;au moment où leurs tentatives de déloger les juifs de Palestine ont échoué, puisque c&#8217;était cela le but des manœuvres, des agressions continuelles contre toute implantation juive et contre les voies de communication, que, finalement, n&#8217;étant plus sur place, mais étant replié sur Gaza, que l&#8217;on a, enfin, mais beaucoup trop tard, pensé à créer une unité palestinienne, à se choisir un drapeau et à se doter de quelque chose qui ressemblait à une constitution ou un parlement.</p>
<p>Donc, il y a eu constamment une politique que l&#8217;on pourrait qualifier de suicidaire, du côté palestinien. C&#8217;est une des réalités de la chose. Cela n&#8217;empêche pas qu&#8217;il y a eu, certainement, beaucoup d&#8217;erreurs, également de conception, des erreurs politiques, du côté juif. Je ne suis pas de ceux qui disent  que tout ce qu&#8217;a toujours fait la communauté juive en Palestine et tout ce qu&#8217;on fait les Israéliens était parfait. Il y a certainement eu beaucoup de faits regrettables.</p>
<p>Mais, par rapport à toute la situation, on doit voir les choses dans leur ensemble et essayer de rester fidèle aux réalités historiques.</p>
<p>- M.L. : Nathan Weinstock, merci beaucoup.</p>
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		<item>
		<title>Interview, par Michel Laub, du Grand Rabbin Albert Guigui à propos de ses livres sur le judaïsme parus aux Editions Racine</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 16:32:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>consistoire</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Nouvelles]]></category>

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		<description><![CDATA[- M.L. : M. le Rabbin Albert Guigui, vous êtes un homme à multiples facettes : Grand Rabbin de la Communauté Israélite de Bruxelles, Rabbin attaché au Consistoire Central Israélite de Belgique, membre de la Conférence des Rabbins Européens, et correspondant de plusieurs instituts. Vous avez également rempli, pendant de longues années, la fonction d&#8217;Inspecteur des Cours [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>- M.L. : M. le Rabbin Albert Guigui, vous êtes un homme à multiples facettes : Grand Rabbin de la Communauté Israélite de Bruxelles, Rabbin attaché au Consistoire Central Israélite de Belgique, membre de la Conférence des Rabbins Européens, et correspondant de plusieurs instituts. Vous avez également rempli, pendant de longues années, la fonction d&#8217;Inspecteur des Cours de Religion Israélite pour la partie francophone du pays, ainsi que celle d&#8217;Aumônier Militaire.</p>
<p>De plus, vous avez publié ces dernières années plusieurs ouvrages :</p>
<ul type="disc">
<li>« Le judaïsme,      vécu et mémoire »</li>
<li>« Dieu parle      aux hommes »</li>
<li>« La Bible,      miroir de notre temps »</li>
<li>« A la découverte      du judaïsme en 101 mots »</li>
</ul>
<p>Pouvez-vous décrire, en quelques mots et pour chacun de ces livres, le message principal que vous souhaitez faire passer à vos lecteurs ?</p>
<p>- A.G. : le judaïsme été la victime de préjugés pendant 2 millénaires. La religion juive, mère du catholicisme, du protestantisme, de toutes les autres religions chrétiennes et bien entendu de l&#8217;islam, devrait être pour cette raison la religion la mieux connue de toutes. Pourtant, il faut bien constater qu&#8217;il en est tout autrement.</p>
<p>Dans le livre « Le judaïsme, vécu et mémoire », dont est bannie toute considération politique, je présente les grands moments de la vie religieuse juive ponctuée par le <em>Chabbat</em> et les nombreuses fêtes, ainsi que les principales étapes de la vie des pratiquants dont la <em>Bar Mitzvah</em>.</p>
<p>L&#8217;ouvrage contient également un ensemble de réflexions sur les grands problèmes moraux de la société moderne, que je ne considère jamais comme étant tabous.Une place est également faite aux relations judéo-chrétiennes qui se sont développées depuis 50 ans.</p>
<p>A propos de « Dieu parle aux hommes », je voudrais rappeler ici l&#8217;injonction de la Bible hébraïque d&#8217; « aimer son prochain comme soi-même » . Et le lointain, ne devrait-on pas l&#8217;aimer ?</p>
<p>D&#8217;autre part, doit-on tout pardonner au nom de cet amour ? N&#8217;y a-t-il pas l&#8217; « impardonnable » ? Que faire face aux mouvements d&#8217;extrême droite qui prônent la haine et le racisme et menacent nos démocraties ?</p>
<p>Les religions sont-elles guerrières par essence ? Ne doit-on pas craindre que le « délire croyant » ne souffle sur les braises du nationalisme ?</p>
<p>Le « retour du religieux » observé par certains sera-t-il aussi celui du fanatisme et de la haine sans merci ? Comment informer sans dénigrer ?</p>
<p>Comment éviter l&#8217;indifférence devant l&#8217;actualité sans tomber dans la surenchère émotionnelle ? Comment situer les faits dans leurs nuances et leur complexité ? Après Auschwitz peut-on encore louer et glorifier Dieu ? Comment expliquer le scandale du mal ? Pourquoi la souffrance ?</p>
<p>Etat et religion : où situer la frontière entre la sphère publique et la sphère privée ?</p>
<p>Sciences et valeurs : couple ennemi ou ami ?</p>
<p>Pourquoi avoir un régime alimentaire particulier ? Que pense le judaïsme du végétarisme ? Les animaux ont-ils une âme ? Quelles sont les valeurs juives qui guident notre existence ?</p>
<p>Voilà, c&#8217;est un peu de toutes ces questions-là que traite mon livre : « Dieu parle aux hommes ».</p>
<p>Pour ce qui concerne « La Bible, miroir de notre temps » :</p>
<p>Le miroir a pour vocation de refléter une image fidèle de soi et des autres et pour fonction de projeter la réalité telle qu&#8217;elle est vécue au quotidien. A l&#8217;instar du miroir qui reflète notre existence, le texte biblique renaît sous nos yeux dans sa splendeur toujours neuve. Il transcende le temps et l&#8217;espace pour arriver jusqu&#8217;à nous. De la sorte, il nous parle, nous saisit, nous met en cause au moment où nous l&#8217;évoquons.</p>
<p>Savoir ce que la Bible nous dit aujourd&#8217;hui, décrypter le message biblique à la lumière des événements actuels, voilà l&#8217;objectif de ce 3<sup>e</sup> livre.</p>
<p>Quant au 4<sup>e</sup>, « A la découverte du judaïsme en 101 mots », il s&#8217;agit de définir les principales expressions courantes du judaïsme, comme le <em>Zohar</em>, le <em>Talmud</em>, la <em>Kippa</em>, le <em>Tallith</em>, pour n&#8217;en citer que quelques-unes, et ce, de façon simple mais non simpliste, et de faire découvrir le judaïsme à travers ces concepts.</p>
<p>Y sont ainsi abordés : les sources de la religion juive, les valeurs et les symboles, ainsi que les étapes de la vie juive.</p>
<p>- M.L. : quelles sont, à votre avis, les spécificités de vos livres par rapport à l&#8217;ensemble de la littérature juive existante en langue française ? Pouvez-vous-en  préciser l&#8217;apport particulier ?</p>
<p>- A.G. : Les livres que j&#8217;ai écrits sont le fruit de plus de cinquante ans d&#8217;expérience en tant qu&#8217;enseignant, éducateur et rabbin. Ils répondent aux besoins des juifs et des non-juifs désireux de rencontrer un judaïsme authentique, ouvert sur le monde.</p>
<p>L&#8217;objectif essentiel visé par moi en écrivant ces livres est double :</p>
<p>D&#8217;une part, rapprocher du public juif et non-juif du message véhiculé par le judaïsme en offrant des textes variés et touchant pratiquement tous les domaines de la vie. Chacun peut trouver dans l&#8217;un ou l&#8217;autre livre des sujets qui le préoccupent. Tous les domaines de la vie juive sont abordés et parfois sous différents angles.</p>
<p>Mais ce qui est pour moi le plus important, c&#8217;est essayer de montrer combien ce message véhiculé par le judaïsme est un message actuel. Mon vœu le plus cher est de faire sentir au lecteur que ce message vieux de plus de 5000 ans est un message qui transcende le temps et l&#8217;espace pour arriver jusqu&#8217;à nous.</p>
<p>La sortie d&#8217;Egypte, par exemple, n&#8217;est pas seulement un événement historique qui s&#8217;est déroulé au temps des Pharaons. Il est impératif d&#8217;actualiser, de vivre les enseignements préconisés par ce récit. En l&#8217;évoquant, c&#8217;est moi-même qui dois prendre conscience et faire miennes les valeurs véhiculées par le récit de la sortie d&#8217;Egypte, à savoir :</p>
<p>-la défense de la liberté ;</p>
<p>-la lutte contre toute forme d&#8217;esclavage ;</p>
<p>-le respect de la dignité humaine ;</p>
<p>-la transmission et l&#8217;éducation .</p>
<p>La lecture de ces ouvrages est une invitation à agir.</p>
<p>Enfin, il s&#8217;agit de montrer la richesse et la fécondité du judaïsme. Sa capacité à pouvoir épouser les problèmes de façon intemporelle et leur donner une solution intemporelle.</p>
<p>- M.L. : pensez-vous qu&#8217;en dehors des jeunes juifs qui grandissent dans des familles juives orthodoxes, la jeunesse juive d&#8217;aujourd&#8217;hui soit encore réceptive à un message religieux ?</p>
<p>- A.G. : Je ne pense pas qu&#8217;on doive parler exclusivement de message religieux. Il faudrait plutôt parler de message juif. Or, le message juif n&#8217;est rien d&#8217;autre que la voix de la Torah, éclairée par les interprétations rabbiniques. Notre ennemi, aujourd&#8217;hui, est l&#8217;ignorance et nous devons lutter contre cette ignorance par tous les moyens dont nous disposons.</p>
<p>Pour qu&#8217;un message soit réceptif, il faut qu&#8217;il réponde à un besoin, à une sollicitation. Or, aujourd&#8217;hui, les jeunes se cherchent. Les valeurs préconisées par notre société de consommation ne leur suffisent pas. Ils cultivent l&#8217;avoir et sacrifient l&#8217;être. On privilégie le clinquant et le superficiel au lieu de donner de l&#8217;importance à l&#8217;écoute intérieure et à la réflexion.</p>
<p>Le message biblique et, à travers lui, le message délivré par le judaïsme est un message qui transcende le temps et l&#8217;espace pour arriver jusqu&#8217;à nous. C&#8217;est un message qui parle, qui saisit l&#8217;homme au moment où il l&#8217;évoque. La voix du judaïsme est sollicitée dans tous les domaines : social, éthique, moral. Et les solutions préconisées sont souvent des solutions qui sont à l&#8217;avant-garde de nos civilisations. Un exemple parmi tant d&#8217;autres : le judaïsme n&#8217;a pas attendu les mouvements écologiques pour sensibiliser les hommes et les femmes aux problèmes liés à notre environnement. Un des premiers commandements donné par Dieu à Adam est :</p>
<p>«  travailler la terre et la protéger ». La protection de l&#8217;environnement revient comme un fil d&#8217;Ariane tout au long du texte biblique et talmudique. Notre tradition et notre vécu sont conditionnés par ce souci de protection de l&#8217;environnement.</p>
<p>Alors, si le message juif est un message d&#8217;une grande actualité, pourquoi est-il  parfois si difficile de le transmettre ? En tant que minorité, nous sommes noyés dans un monde où le vécu juif a peu de place. Ainsi, le vécu juif passe souvent inaperçu.</p>
<p>Mais ce qui est plus grave, c&#8217;est l&#8217;éclatement de la cellule familiale. La famille, qui est le lieu essentiel de la transmission, remplit de moins en moins son rôle. Dès lors, l&#8217;enfant perd ses repères et retrouve difficilement ses racines. Certes l&#8217;école juive compense quelque peu cette lacune. Mais en aucune façon, elle ne peut se substituer à la famille car le message livré par le judaïsme est d&#8217;abord un message qui se vit en famille.  Il faut redorer le blason de la cellule familiale.</p>
<p>- M.L. : Monsieur le Grand Rabbin, merci beaucoup.</p>
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